
Le département américain de la Sécurité intérieure, mieux connu sous le nom de Homeland Security, a conclu un contrat avec l’entreprise canadienne Hootsuite pour pouvoir utiliser un système permettant non seulement de gérer les réseaux sociaux, mais aussi de les surveiller. Plusieurs médias canadiens ainsi qu’américains ont récemment révélé cette information, après la publication de certains documents du contrat.
Pour fournir ses services, Hootsuite recevra environ 2,8 millions de dollars américains jusqu’en 2029.
Le contenu exact du contrat reste flou, écrit betakit, mais tout porte à croire que Homeland Security pourra utiliser le “Support Service” de Hootsuite et aura accès à Talkwalker, un programme basé sur l’intelligence artificielle permettant d’écouter et de surveiller les réseaux sociaux.
Interrogée par les médias nord-américains, la société Hootsuite n’a pas souhaité faire de déclaration concernant “des clients ou partenaires actuels, passés ou potentiels”. L’entreprise avait déjà été critiquée en 2020 pour avoir travaillé à un accord avec l’ICE, le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis, qui dépend actuellement de Homeland Security. Cette polémique avait conduit Hootsuite à résilier le contrat, prévu pour trois ans, et à licencier deux employés qui avaient rendu l’affaire publique.
À l’époque, le programme “Talkwalker” ne faisait toutefois pas partie de l’accord, car cette société n’a été rachetée par Hootsuite qu’en 2024. Auparavant, le siège de Talkwalker se trouvait au Grand-Duché.
En avril 2024, on apprenait que la start-up luxembourgeoise, fondée par Thibaut Britz et Christophe Folschette et soutenue financièrement par Robert Glaesener, avait été acquise par l’entreprise canadienne. Les locaux de Talkwalker devaient alors devenir le siège européen de Hootsuite. Les deux sociétés travaillaient à l’époque sur des programmes similaires, visant à déterminer ce que les autres disent de vous sur les réseaux sociaux, comme l’indiquait Paperjam en avril 2024.
Hootsuite se décrit sur son site Internet comme un “Social Media Marketing and Management Tool”, c’est-à-dire un outil pour mieux gérer et promouvoir ses propres réseaux sociaux. Selon son site web, l’entreprise collabore notamment avec IKEA, Adobe, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou encore l’Université de Chicago.
Il cite également Talkwalker, le produit luxembourgeois, comme l’un de ses outils les plus importants, dans la catégorie “Social listening”, c’est-à-dire “écoute sociale”. Selon Hootsuite, le programme Talkwalker écoute “des milliards de conversations” sur les réseaux sociaux et permet ainsi de surveiller l’ensemble d’Internet.
“Obtenez la vision la plus claire de ce que dit votre audience – où qu’elle s’exprime. Une IA avancée surveille des millions de sites web pour que vous ne manquiez aucune mention, crise ou opportunité de rejoindre une conversation”, peut-on lire dans la description de Talkwalker.
Tout porte donc à croire que, dans les trois prochaines années, un programme développé au Grand-Duché sera utilisé par Homeland Security et donc aussi par l’ICE pour surveiller les réseaux sociaux.