
Le “Sim swapping”, cette fraude qui permet à un escroc de prendre le contrôle d’un numéro de téléphone, refait surface. La gendarmerie de la Somme a relancé l’alerte le 27 août dans un message publié sur Facebook.
Le mécanisme est connu mais redoutablement efficace. Pour détourner un numéro, les fraudeurs commencent par collecter un maximum d’informations sur leur cible : identité, date de naissance, adresse e‑mail, numéro de téléphone et parfois données issues de fuites massives. Avec ces éléments, ils tentent ensuite de se faire passer pour la victime auprès de son opérateur ou de pénétrer son espace client. L’objectif est de transférer la ligne vers une nouvelle carte Sim ou une eSim qu’ils contrôlent. Dès que l’opération réussit, la carte Sim légitime est désactivée. Le pirate reçoit alors les appels et surtout les SMS de validation destinés à la victime.
C’est à ce moment que les dégâts peuvent s’accélérer. Avec ces codes, et s’il possède déjà des identifiants ou d’autres données personnelles, l’escroc peut tenter de réinitialiser des comptes, modifier des mots de passe, valider des paiements ou procéder à des transferts bancaires. Une affaire révélée fin 2023 avait mis en lumière un réseau soupçonné d’avoir dérobé plus de 600.000 euros à une soixantaine de victimes.
Le retour de cette arnaque intervient dans un contexte marqué par plusieurs fuites de données. Certaines informations dérobées chez des opérateurs — coordonnées, identifiants liés au smartphone ou à la carte Sim, données bancaires — peuvent être croisées avec d’autres bases circulant dans les milieux cybercriminels. Une fuite ne suffit pas à elle seule à réaliser un “Sim swapping”, mais plus les fraudeurs disposent d’éléments précis, plus ils peuvent rendre crédible une usurpation auprès d’un opérateur. Cette menace survient par ailleurs après un été 2026 marqué par plusieurs cyberattaques visant des services publics français, dont le fisc, l’Éducation nationale ou encore des outils de messagerie du ministère de la Transition écologique.
Face à cette fraude, il n’existe pas de protection absolue. Tant que les procédures de sécurité des opérateurs peuvent être contournées, le risque demeure. La première règle est de réagir immédiatement au moindre signe suspect. Une perte brutale de réseau sans explication ou des alertes de connexion que vous n’avez pas provoquées doivent conduire à contacter sans délai votre opérateur et à vérifier votre espace client. Si vous êtes connecté en Wi‑Fi, il est également conseillé de contrôler l’accès à votre adresse e‑mail principale et à vos comptes bancaires, de vérifier vos coordonnées de récupération et de surveiller vos dernières opérations. En cas de mouvement inhabituel, il faut prévenir sa banque.
La vigilance reste aussi essentielle face aux messages suspects. Un “Sim swapping” peut débuter par une campagne de phishing destinée à récupérer des informations personnelles ou un code reçu par SMS. Il est recommandé de ne jamais cliquer sur un lien envoyé par message et de ne communiquer aucun code ou donnée sensible, quel que soit l’interlocuteur.
Dernier réflexe : renforcer la sécurité de ses comptes. Lorsque l’option existe, mieux vaut privilégier une application d’authentification plutôt que la validation par SMS. Pour les services bancaires, il est conseillé d’activer toutes les formes d’authentification forte disponibles. La gendarmerie nationale rappelle d’ailleurs, dans son message, l’intérêt d’utiliser des applications comme Google Authenticator ou Microsoft Authenticator.