
Sheeran affirme que ce choix “n’était pas [sa] décision”, rappelant que “le contrat de Macklemore pour la tournée a été conclu avec l’organisateur, pas avec moi”.
Macklemore avait déjà assuré les deux premières premières parties du Loop Tour et devait encore participer à huit dates. Lundi, il a expliqué que l’équipe de Sheeran avait “pris la décision de me retirer”, évoquant des pressions venues de propriétaires de stades américains. Selon lui, certains auraient menacé d’interdire les concerts si le rappeur restait dans la tournée : “Si Macklemore reste, tu ne seras pas autorisé à jouer dans nos salles.”
Le rappeur est critiqué pour avoir affiché son soutien à la Palestine lors de ses prestations, notamment en interprétant “Hind’s Hall”, un titre dénonçant les actions d’Israël à Gaza. Macklemore raconte qu’Ed Sheeran lui avait confié être pris dans une situation délicate, sa posture habituellement apolitique étant remise en cause. Les mots “Free Palestine” et l’image du drapeau palestinien auraient, selon lui, heurté la sensibilité de plusieurs interlocuteurs du chanteur.
Ed Sheeran a tenu à répondre point par point. Il dit être “consterné par le conflit entre Israël et la Palestine”, évoquant “une tragédie humaine” et des souffrances “incommensurables”. Il rappelle avoir accepté Macklemore en première partie par respect pour son travail, et qu’il laisse toujours ses artistes jouer la setlist de leur choix. Mais il confirme avoir été contacté par les stades concernés, qui menaçaient d’annuler les concerts si Macklemore restait à l’affiche. “On m’a expliqué que cette position reposait sur la manière dont Macklemore avait transmis une partie de son message pendant sa prestation, plutôt que sur l’ensemble de ses propos”, écrit-il. Il dit avoir tenté de “trouver un terrain d’entente”, sans succès.
Pourquoi ne pas annuler la tournée en signe de solidarité ? Sheeran répond qu’il refuse de pénaliser les fans et les centaines de professionnels mobilisés sur le Loop Tour. Concernant Gaza, il assure avoir son “opinion personnelle” et que son silence public ne signifie pas qu’il “n’en a rien à faire”. Il explique ne pas vouloir transformer ses concerts en tribune politique : “Mon public est composé de jeunes, souvent des enfants, issus de tous les horizons. Ceux qui viennent à mes concerts ne s’attendent pas à assister à un débat politique.”
Le chanteur dit respecter la détermination de Macklemore à défendre ses convictions, tout en affirmant choisir une autre voie : “Il existe plusieurs façons d’atteindre le même objectif : la paix. Je choisis d’utiliser ma notoriété pour offrir un espace sûr, pour privilégier la diplomatie et maintenir le dialogue ouvert.”
Macklemore, lui, revendique son intention de “ramener le débat sur la Palestine”. Lors de la première date, le 4 septembre dans le New Jersey, il avait déclaré : “L’une des principales raisons pour lesquelles j’ai voulu faire cette tournée, c’est pour pouvoir me tenir debout dans des stades comme celui-ci et prononcer deux mots : ‘Libérez la Palestine’.” Il avait ensuite répondu aux critiques en assurant que son message n’était “en aucun cas une critique” envers les communautés juives, mais un appel à la paix, à la dignité et à l’égalité.
Sur Instagram, il résume sa position : deux concerts lui auraient suffi pour prononcer des mots “devenus trop dangereux à dire”. Et si cela lui a coûté sa place sur la tournée, il estime que “c’était la tournée la plus réussie” de sa carrière, puisqu’elle a permis de remettre la Palestine au centre du débat.