
Pour ce monument vieux de près de 2.000 ans, il ne s’agit évidemment pas des premières rénovations. Mais cette fois, elles vont être particulièrement minutieuses. La cheffe de projet Brigitta Coen explique pourquoi elles sont entreprises maintenant. L’édifice a subi des dommages tant au niveau du ciment que de la pierre, que l’on va réparer. Car on sait que ces dépôts ne réagissent pas de la même manière que la pierre d’origine, et cela pourrait, à l’avenir, entraîner d’autres dégâts. Les croûtes noires qui recouvrent le monument sont “brisées” à l’aide d’un laser.
Au fil des ans, la Porta Nigra a aussi été rénovée avec des méthodes, dont on dirait aujourd’hui, qu’elles n’étaient pas très judicieuses. On a tenté d’éliminer totalement les couches qui s’étaient formées sur la couche d’origine, jusqu’à atteindre cette dernière, ce qui risquait d’endommager cette couche vieille de plusieurs siècles.
Si les croûtes noires devenaient si denses que la pierre ne pourrait plus absorber naturellement l’eau, qui ensuite s’évapore, ce ne serait pas bon pour l’édifice. Cela créerait une pression, qui serait renforcée par le gel, ce qui ferait que la pierre se détériorerait. Pour éviter cela, une technique par laser est utilisée. Les zones noires sont ciblées, explique Ulrich Bauer-Bornemann, qui participe aux travaux de restauration de la Porta Nigra. Il s’agit donc uniquement des salissures plus récentes.
Pour effectuer ce travail, il ne faut pas manquer de patience. La surface totale à traiter est de 2.000 mètres carrés, et il faut une à deux heures pour nettoyer un mètre carré. On estime donc qu’entre deux mille et deux mille cinq cents heures de travail seront nécessaires. Mais ceux qui pensent que rénover signifie aussi nettoyer se trompent. La Porta Nigra restera noire, souligne Brigitta Coen.
Mais les dégâts doivent maintenant être réparés, en espérant que le monument jouisse ensuite de quelques décennies de tranquillité.