Interdite dans l'UELa fièvre de la pâte à tartiner El Mordjene atteint le Luxembourg

RTL Infos
Quelques curieux et consommateurs fidèles passent à tour de rôle devant une boutique à Esch, en quête de la pâte à tartiner algérienne El Mordjene Cebon, devenue virale sur les réseaux sociaux. Interdite à la vente en Europe depuis mardi, certains n'hésitent pas à contourner les interdictions pour revendre la pâte qui fait tant parler d'elle.
© Anaïs Riffi

Depuis plusieurs semaines, la pâte à tartiner El Mordjene Cebon suscite un véritable engouement car des influenceurs en ont fait la promotion. Le produit reste très convoité alors qu'il a été retiré des rayons en France le 17 septembre, car incompatible avec les règles d'importation de l'Union européenne.

Jeudi en début d'après-midi, plusieurs clients attendaient patiemment leur tour dans une boutique à Esch, déterminés à obtenir la pâte à tartiner blanche, au goût de "Kinder Bueno". "Peu importe la distance à parcourir, je fais la route", partage Mina, 54 ans, résidente d’Esch. Venue avec ses enfants, elle était déterminée à se procurer la fameuse pâte à tartiner.

Une cliente croisée dans une boutique à Esch.
Une cliente croisée dans une boutique à Esch.
© Anaïs Riffi

"Mes enfants n’ont jamais goûté. En tant qu’Algérienne, je suis fière qu’un produit de chez nous soit autant plébiscité". Elle a pris soin de se présenter à l’ouverture pour ne pas manquer l'occasion: "Le prix m’importe peu, je veux simplement leur faire plaisir, on est venu les premiers", confie la mère de famille, heureuse d'avoir pu acheter la fameuse pâte à tartiner.

Les prix s’envolent

Depuis l’interdiction, les prix de la pâte à tartiner ont connu une flambée impressionnante. Alors que le produit était initialement vendu à un prix abordable, il se négocie désormais à des tarifs nettement supérieurs à ceux du marché.

"Ici je le vends 8 euros les 200 grammes, 12 euros les 450 grammes et 15 euros le pot de 700 grammes", confie le gérant. Il a réussi à se fournir chez un ami commerçant qui avait encore du stock. Sur les réseaux sociaux, certains pots de 350 grammes se revendent jusqu’à 30 euros.

© Anaïs Riffi

"C’est totalement exagéré ", déplore Assia, une étudiante luxembourgeoise. "En Algérie, un petit pot coûte à peine 50 centimes, et même le plus grand ne dépasse pas 7 euros ". Avant le buzz, elle se fournissait à l’épicerie de quartier pour environ 3 euros, et ne comprend pas cette flambée subite des prix.

Une interdiction qui interroge

Fabriquée à base de poudre de lait importée de France et transformée en Algérie, la pâte à tartiner El Mordjene fait face aux restrictions européennes car l'Algérie ne remplit pas "l'ensemble des conditions nécessaires pour permettre à un pays tiers d'exporter vers l'Union européenne des marchandises contenant des produits laitiers destinés à la consommation humaine dans le respect des exigences européennes en matière de santé animale et de sécurité sanitaire des aliments", a expliqué jeudi le ministère français de l'Agriculture à l'AFP.

Il a ajouté qu'une enquête a été ouverte pour "déterminer les mécanismes de contournement qui ont pu permettre jusqu'à présent la mise sur le marché de cette marchandise".

Au Luxembourg toutefois, l'incertitude demeure parmi les consommateurs. "Qu'est-ce qu'on risque en achetant une pâte à tartiner ? ", s'interroge une cliente. De leur côté, les commerçants avouent ignorer s'ils ont réellement le droit de vendre ce produit ou non, malgré l'annonce officielle de l'interdiction de la commercialisation de ce produit dans l'U.E. Nous avons tenté de contacter le ministère luxembourgeois de l'Agriculture, de l'alimentation et de la viticulture pour connaître la position du Luxembourg sur le sujet, sans succès.

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