
Le début du procès a été marqué par la question de la communication entre le bureau d'architectes et l'administration communale de Schengen, ainsi qu'entre les membres du conseil communal. Les uns disent ne pas être parvenus à un accord avec le bureau d'architectes, les autres ne pas avoir vu de preuves de cette affirmation.
Lundi lors de la première audience du procès intenté par le bureau d'architectes Valentiny HVP Architects à l'encontre du collège des bourgmestre et échevins de Schengen pour diffamation et à l'encontre d'un fonctionnaire du service technique pour prise illégale d'intérêts, il s'agissait avant tout de savoir qui avait dit quoi.
Si la grande salle d'audience semblait bondée, une fois la vingtaine de personnes devant être entendues comme témoins sorties, il ne restait que trois spectateurs.
Lors d'une réunion du conseil communal le 4 mai dernier à Schengen, une majorité des membres a voté pour que la commune se sépare du bureau d'architectes Valentiny HVP Architects pour l'un de ses projets portant sur la construction d'un campus scolaire. La question qui a préoccupé les juges en ce premier jour de procès est de savoir dans quelle mesure les propos du collège échevinal, prononcés lors de la réunion et ensuite lors d'interviews, peuvent être considérés comme préjudiciables à la réputation du bureau d'architectes.
Les conseillers communaux de l'époque ont été les premiers témoins entendus. En gros, on peut les classer en deux camps. Cinq conseillers qui ont voté la résiliation des contrats, d'une part et trois qui y étaient opposés, d'autre part.
Les premiers indiquent que ce point de l'ordre du jour avait été rapidement adopté et peu discuté. La principale justification était que les autorités communales n'étaient pas d'accord avec le bureau d'architectes sur le projet. En outre, la résiliation de la collaboration avec le bureau ne devait concerner que ce projet.
Les trois conseillers communaux qui siégeaient alors dans l'opposition et qui n'avaient pas voté la résiliation, se sont souvenus que cinq points vagues avec des accusations avaient été affichés sur un écran, expliquant pourquoi on voulait résilier les contrats. Cependant, le bourgmestre n'avait pas répondu à leurs questions ni à leurs préoccupations sur ces points. Ils ont déclaré qu'ils estimaient qu'ils ne pouvaient pas dissoudre un contrat qu'ils n'avaient jamais voté.
La défense du bureau Valentiny HVP Architects s'est alors étonnée que le bureau ait été relativement rapidement écarté au profit d'un autre bureau d'architectes pour la mise en œuvre du projet. On peut se demander ici si c'est une coïncidence qu'il s'agisse du même bureau avec lequel le fonctionnaire du service technique, également poursuivi, avait déjà collaboré dans son précédent travail dans une autre commune. Il avait été officiellement indiqué que ce bureau avait une plus grande expérience dans la construction d'écoles.
Le procès se poursuivra mardi matin avec l'audition des autres témoins, notamment l'architecte François Valentiny.