Chambre des salariés"Abaisser les impôts sur les petits et moyens salaires" pour stimuler l'activité

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Le directeur de la Chambre des salariés, Sylvain Hoffmann, était l'invité de la rédaction de RTL jeudi. Il a été question d'ajustement du barème fiscal et de pouvoir d'achat.
© Maxime GONZALES

A partir du 1er janvier, les salariés vont bénéficier d'une baisse d'impôt. En effet, le gouvernement a déposé à la Chambre un projet de loi visant à adapter le barème fiscal à quatre tranches indiciaires. "Cela va dans la bonne direction, mais ça ne suffit pas", a déclaré le directeur de la Chambre des salariés, Sylvain Hoffmann, jeudi matin sur RTL.

Il a affirmé que cet ajustement à l'inflation n'est pas un cadeau fiscal. Les gens récupèrent en fait quelque chose qu'ils ont préfinancé. Le directeur de la Chambre des salariés a souligné que "depuis la dernière adaptation, huit tranches indiciaires sont tombées et comme le barème n'a pas été ajusté, la compensation salariale par l'index ne se réalise pas complètement." Pour un salaire moyen, avec l'ajustement prévu, il manque encore quelque 1.200 euros nets par an, auxquels les salariés ont en fait droit.

De plus, "d’autres mesures fiscales", telles que les possibilités de déduction, "n’ont pas été entièrement adaptées à l’inflation" au cours des 30 dernières années, selon Sylvain Hoffmann. Cela vaut aussi pour "le crédit d'impôt pour les salariés et les retraités. En 2017, 80% d'entre eux l'avaient obtenu, mais son seuil n'ayant pas été adapté, ils ne sont plus que 70% aujourd'hui."

Les revenus moyens et bas stimulent l'économie

Tout ajuster à l'inflation, ne coûterait-il pas trop cher à l’État? Selon Sylvain Hoffmann, il faut alors réfléchir à de nouvelles recettes fiscales. Le directeur de la Chambre des Salariés a indiqué que dans les années 90 et ensuite, "le barème avait été considérablement compressé. Certes le revenu exonéré avait été augmenté, mais en même temps, le taux d'imposition supérieur avait été abaissé". Selon lui, il faudrait à nouveau "étirer" le barème: il faudrait que le barème "continue à monter en bas" et "ajouter des tranches en haut" au barème.

En outre, il a souligné que de nombreux autres revenus, comme les revenus du capital, sont moins imposés, voire pas du tout. "Avec un salaire moyen, on paie environ 31% d'impôts, avec le même revenu, mais sous forme de dividendes, c'est 7 fois moins."

Le CSV et le DP sont opposés à une augmentation du taux d'imposition supérieur et à un impôt sur la fortune, car à leurs yeux le Luxembourg doit continuer à être attractif. Pour Sylvain Hoffmann, c'est un "slogan". Il a cité "les Soparfi (sociétés holdings), dont on craignait aussi qu'elles disparaissent toutes, ce qui n'est cependant pas arrivé.Si vous voulez stimuler l'activité, il faut surtout abaisser les impôts des revenus moyens et bas, car ce sont eux qui ont la plus grande propension à dépenser."

Quid des professions essentielles?

A propos des professions essentielles, qui sont souvent moins bien rémunérées que des professions moins essentielles, Sylvain Hoffmann était d'accord pour dire qu'il faut mener une discussion sur la structure salariale. Une discussion qui a été brièvement abordée pendant la pandémie, mais le soufflet est retombé depuis.

Pour favoriser les professions essentielles, il serait déjà possible d'augmenter le salaire minimum ou de promouvoir de nouvelles conventions collectives, selon le directeur de la Chambre des salariés.

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