
Répondant aux inquiétudes concernant d'éventuelles mesures d'austérité, le Premier ministre Frieden a précisé que si le programme de la coalition excluait actuellement de telles mesures, cela ne devait pas être interprété comme un mépris de la responsabilité fiscale, soulignant l'engagement du parti populaire chrétien-social (CSV) et du parti démocratique (DP) en faveur de finances publiques prudentes.
M. Frieden a minimisé les prévisions qui lui avaient été faites lors des négociations de la coalition et qui faisaient état d'une augmentation rapide de la dette nationale à plus de 30 % en seulement deux ans. M. Frieden a déclaré que la dette nationale pourrait atteindre "29 %, 30 % ou 31 % du PIB", tant que le Luxembourg maintiendrait sa notation "triple A". Il a assuré que le gouvernement expliquerait son approche aux agences de notation si nécessaire.
Reconnaissant les défis actuels sur les fronts économique et international, Luc Frieden a exprimé sa confiance dans le "programme positif" du gouvernement. Le Premier ministre a présenté des stratégies clés pour la croissance économique, notamment des allègements fiscaux, des procédures commerciales simplifiées et des avancées dans le domaine de la numérisation. Selon M. Frieden, ces initiatives stimuleront l'économie, créeront des emplois et amélioreront le bien-être général.

Contrairement au programme électoral initial du CSV, M. Frieden a déclaré que le taux d'imposition maximal n'augmenterait pas. Il a défendu les ajustements de la table d'imposition, affirmant que les mesures de politique sociale soutiendraient en priorité les personnes confrontées aux défis les plus importants. M. Frieden a également fait remarquer que, combiné aux cotisations sociales et à l'impôt de solidarité, le taux d'imposition maximal actuel était "déjà relativement élevé".
Tout en rejetant l'introduction d'un impôt sur la fortune, M. Frieden s'est dit prêt à réformer l'impôt foncier, reconnaissant la nécessité de revoir le projet législatif déposé par l'ancienne ministre de l'intérieur Taina Bofferding en raison de l'avis négatif du Conseil d'État.
Selon le Premier ministre Luc Frieden, le CSV et le DP se concentrent sur l'avancement de la construction de logements, soulignant ainsi leur volonté de lutter contre la pauvreté et l'inégalité. Le Premier ministre Frieden a défendu les avantages fiscaux proposés pour les investissements dans les logements locatifs ou les prêts immobiliers, en soulignant la volonté des autorités de simplifier les procédures associées. Il a également répété que les citoyens avaient toujours le droit de s'opposer à des projets de construction, soulignant l'adhésion du Luxembourg à l'État de droit. Il a aussi reconnu la possibilité de discuter de la réduction de la durée de certaines procédures.
Le nouveau gouvernement est déterminé à atteindre les objectifs climatiques définis dans le Plan national énergie-climat (PNEC). M. Frieden entend donner au gouvernement les moyens d'atteindre ces objectifs sans recourir à des "mesures impopulaires". Il a même chargé le nouveau ministre de l'environnement, Serge Wilmes, de parler à ses fonctionnaires pour les encourager à "changer d'état d'esprit". Luc Frieden estime qu'il est plus bénéfique de favoriser la résolution concertée des problèmes que d'entraver les projets, tels que ceux liés à l'énergie photovoltaïque.
Enfin, Luc Frieden a affirmé qu'il avait personnellement rédigé sa déclaration gouvernementale, dissipant ainsi toute crainte d'une influence extérieure. Alors que les métadonnées du discours écrit, qui a été envoyé aux rédactions, mentionnent le cabinet d'avocats "Elvinger Hoss Prussen" (EHP) comme auteur du fichier, M. Frieden a précisé que cela est dû au fait qu'il utilise toujours un ordinateur qui lui a été donné par son ancien employeur. Il a assuré que l'accord gouvernemental "n'a pas été coécrit par de grands cabinets d'avocats".
Au cours des négociations de la coalition, M. Frieden a reçu des lettres "de diverses organisations", et certaines de leurs suggestions ont été intégrées dans le programme. Il a ajouté que "les autres lettres n'ont pas été oubliées".