Note du CEFN au formateurL'économie luxembourgeoise n'échappera pas à une récession

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Dans ses dernières prévisions, le Statec tablait encore sur une croissance de 1,5% pour 2023 et de 2,5% pour 2024.
© AFP/Axel Heimken

"L’économie luxembourgeoise ne semble pouvoir éviter une contraction en 2023", est-il écrit en gras dans la note de travail du Comité économique et financier national (CEFN), adressée au formateur du nouveau gouvernement.

Il faut lire les notes de bas de page pour savoir ce que cela signifie concrètement: que l'année pourrait se terminer avec une récession de -0,8% du PIB. Et cela, si l'économie progresse encore un peu de septembre à la fin décembre, sinon la récession sera encore plus grave.

L'année prochaine, le PIB pourrait enregistrer une croissance de 1,5%, écrit le CEFN, au sein duquel sont représentés le Statec, l'Inspection générale des Finances, le Trésor, l'Administration des contributions directes, l'Enregistrement, l'Administration des douanes et accises, l'Inspection générale de la Sécurité sociale, ainsi que les ministères de l'Intérieur, de l'Economie et des Finances.

Dans ses dernières prévisions, le Statec tablait encore sur une croissance de 1,5% pour 2023 et de 2,5% pour 2024. La récession est principalement imputable au secteur financier, mais aussi à l'industrie et au secteur de la construction.

Dans sa note, le Comité économique et financier national compte sur une tranche indiciaire annuelle pour les quatre années qui viennent. Selon ses prévisions, le taux d'inflation devrait augmenter à nouveau à 3,4% en 2025, à l'expiration des mesures issues de la Tripartite pour lutter contre l'inflation, puis redescendre à 2,5% l'année suivante.

En ce qui concerne l'évolution des finances publiques, la note contient les mêmes chiffres que ceux déjà communiqués à Bruxelles à la mi-octobre avec le plan budgétaire 2024 et qui se sont dégradés par rapport au programme de stabilité du printemps, principalement en raison des mesures tripartites.

D'après ceux-ci, le déficit public - Etat, communes, Sécurité sociale - augmentera cette année à 1,5 milliard d'euros soit 1,9% par rapport au PIB. Et sans changements politiques, en 2024, à 2,3 milliards, soit 2,7% du PIB. Par ailleurs, cette comparaison avec le PIB s'aggravera, dès que le Statec fera officiellement ses nouvelles prévisions de croissance dans quelques semaines.

Le CEFN met également en garde contre un certain nombre de risques pour l'évolution des finances publiques, qui sont principalement dus aux modifications dans la fiscalité des entreprises multinationales, qui entreront en vigueur dans un avenir proche.

A la note envoyée à la Chambre, est jointe l'évolution des recettes de l'Etat au 30 septembre, que la ministre des Finances, Yuriko Backes, n'a pas encore pu présenter, en raison des élections. A cette date, les recettes de l'Etat atteignaient en gros 19,2 milliards d'euros, soit 5% de mieux que l'an dernier. En un an, les dépenses ont progressé de 15% à 19,2 milliards d'euros. La crise de l'immobilier et de la construction est perceptible dans les recettes des droits d'enregistrement, qui, à un peu moins de 200 millions d'euros, sont à la moitié de leur niveau de fin septembre 2022.

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