
À Differdange, les citoyens doivent se préparer à un nouveau visage à la tête de la commune après les élections. En effet, Christiane Brassel-Rausch ne se présentera plus après quatre ans de mandat. Elle était entrée en fonction dans des circonstances particulières et après ce passage en politique, il est temps pour elle de retourner à ses projets initiaux. Mais elle ne regrette pas le temps passé à la mairie.
Elle décrit son travail dans la politique communale comme "passionnant et plaisant", mais aussi "exigeant en termes d'énergie et de temps". Pendant son mandat, beaucoup de choses ont été mises en place dans le domaine du logement, le projet Gravity concerne 80 appartements que la commune a acheté et qui vont maintenant être mis en location, les ventes sont déjà clôturées, explique-t-elle. Differdange fait aussi partie du projet NetZeroCities, dans le cadre duquel 112 villes européennes se sont données pour objectif d'atteindre la neutralité climatique d'ici 2030. Interrogée sur le plus gros défi de son mandat, la bourgmestre de 64 ans ne parvient pas à trancher.

"Voilà une question étrange. Je pense tout simplement que c'était déjà un défi en octobre lorsque je suis devenue bourgmestre contre toute attente, et que je suis tout de suite rentrée dans le budget. Après le budget, après les vacances de Noël, le Covid est arrivé, puis lorsque nous pensions avoir repris les choses en main, la guerre en Ukraine a éclaté."
L'intégralité de son mandat a été inhabituelle. Selon elle, la ville doit continuer sur la voie qu'elle a empruntée. C'est une transition, la ville industrielle devient une ville écologique avec de nombreux élèves et étudiants. En ce qui concerne l'engagement des citoyens au niveau local, pour elle, la politique nationale doit créer le cadre adéquat pour rendre cet engagement possible, et ce, surtout par le congé politique.
"En tant que bourgmestre de la troisième plus grande commune, j'ai 40 heures de congé politique par semaine, mais je pense qu'une telle commune ne peut plus être dirigée avec des échevins qui n'ont que 20 heures de disponibilité par semaine. Parce que les dossiers deviennent de plus en plus compliqués et complexes, et que les exigences envers les politiques sont de plus en plus grandes. Et je pense qu'il faut vraiment être convaincu de ce qu'on fait, sinon ça n'ira pas et ce sera beaucoup trop difficile."
La situation sécuritaire autour du Parc Gerlache avait dernièrement fait parler d'elle. Mais après que la commune s'est donné un plan sécuritaire local, la situation se serait calmée, selon la bourgmestre. Le parc en lui-même attire de nombreuses familles avec enfants, la problématique concerne plutôt la rue qui longe le parc. Mais là aussi, le plan de sécurité permettrait de trouver des solutions. Dans tous les cas, la bourgmestre estime que les choses sont en bonne voie. Un autre dossier épineux concerne la gestion du Science Center de Differdange. Tous les partis représentés au conseil communal sont derrière le projet, il faut juste le mener "dans les conditions de l'art". Selon la bourgmestre, ce serait dommage que le projet tombe à l'eau.
La période d'il y a quatre ans, lorsqu'elle est devenue bourgmestre à la suite de "l'affaire de l'abri de jardin" autour de son prédécesseur Roberto Traversini, Christiane Brassel-Rausch la décrit comme turbulente. Elle travaillait à ce moment-là sur deux productions théâtrales, notamment à l'étranger. Elle n'aurait pas eu de contact direct avec Roberto Traversini par la suite. Il était important que les Verts fassent une coupure et lui expriment leur confiance. Au cours des 3,5 dernières années, ils se sont réorganisés et ça continuera même sans elle, parce que ce qui compte c'est l'équipe et les idées plutôt que l'individu, conclut la bourgmestre.