
Nous ressentons davantage aujourd'hui les effets de la pandémie de Covid qu'auparavant. "Un tatouage est plutôt un produit de luxe" et maintenant, "pendant la crise, une forte baisse de la clientèle" serait remarquée, a expliqué Marion Thill. Il a parlé d'un marché actuellement bouleversé. Au Luxembourg aussi, il y aurait "de nombreux tatoueurs illégaux, qui travailleraient au noir et pourraient proposer de meilleurs prix à leurs clients." En revanche le secteur officiel serait soumis à de plus en plus de restrictions et d'obligations.
En 1994, quand Marion Thill a ouvert son studio de tatouage, il y en avait trois en tout au Luxembourg. "Aujourd'hui, il serait difficile de déterminer combien il y a vraiment de studios", car il n'existe pas de liste officielle, ni à la Chambre des métiers, ni à la Direction de la Santé. Selon des estimations, "le Grand-Duché compterait une centaine de studios de tatouages", mais "seulement 27 fédérés", d'après Marion Thill. "Le gâteau ne serait pas plus grand, par conséquent, les parts seraient de plus en plus réduites."
Le problème serait que n'importe qui pourrait ouvrir un studio de tatouage. Actuellement, "aucune formation n'est nécessaire." Cependant l'ASBL travaillerait avec les ministères compétents à la création d'une telle formation. A l'avenir, un DAP, un diplôme d'aptitudes professionnelles, devrait être proposé au Luxembourg, c'est à dire un apprentissage sur trois ans. Et pas besoin de réinventer la roue: il suffirait de s'inspirer de modèles à l'étranger. L'accent doit être mis sur l'hygiène.
Le président de l'ASBL "Hair Beauty and Tattoo Guild" a critiqué le manque de contrôles de qualité. Une loi existerait depuis 2018, mais jusqu'à présent, aucun contrôle ne serait mené. "Les inspecteurs sanitaires compétents ne seraient pas encore formés." Une formation destinée à ces inspecteurs serait prête, mais le ministère de la Santé resterait inactif. La pandémie a suscité un retard, mais à présent il serait temps.
Marion Thill se montre également très critique envers la "Tattoo Convention" qui se tiendra ce week-end à Luxembourg-Ville. Alors que les studios doivent "se soumettre à des règles très strictes", à l'occasion de la convention, "250 à 300 tatoueurs vont se réunir dans un hall d'exposition sale et poussiéreux et vont faire des tatouages dans des conditions douteuses." L'idée de la "Tattoo Convention" serait sympa, mais sa dimension ne serait pas adaptée au marché luxembourgeois.
Aujourd'hui, être tatoué ne serait plus un phénomène marginal. "Des statistiques européennes montrent qu'environ 30 à 40 % des 18-45 ans ont au moins un tatouage."