Harcèlement de rueAu Luxembourg, "des hommes nous regardent, nous sifflent"

RTL Infos
Regards insistants, sifflements, gémissements... Les femmes sont souvent confrontées à des comportements déplacés lorsqu'elles se trouvent dans l'espace public. Qu'en est-il au Luxembourg? Des passantes s'expriment sur leurs expériences avec le harcèlement de rue.
© Maxime Gonzales

Quand une femme marche dans la rue, il n'est pas rare qu'elle soit sujette à des comportements irrespectueux. Le pas pressé, le regard fixe, lorsqu'elles arpentent les rues, les femmes sont souvent sur leurs gardes, savent quels coins éviter, tenir une conversation complètement fictive au téléphone quand elles se font aborder, pressent le pas encore plus la nuit tombée, préviennent une copine lorsqu'elles sont bien arrivées chez elles.

"Ça a commencé à 12 ans." C'est bien souvent dès les prémices de la puberté que la femme commence à être sexualisée et subit ses premières expériences de harcèlement de rue, comme en témoignent des études sociologiques. Klaxons de voitures, sifflements, mots crus, regards insistants, comme un rite de passage, la jeune fille est devenue femme et attire le harceleur.

"Je ne peux plus me promener vers 21 heures." Certaines femmes se sentent si peu en sécurité dans la rue, qu'elles évitent à tout prix de sortir seules passées certaines heures. Elles sont en effet nombreuses à nous avoir confié se sentir régulièrement en danger lorsqu'elles se déplacent seules. L'espace public est pourtant, comme son nom l'indique, réservé à tous.

"Je trouve ça pas très rassurant et horrible, ça ne devrait pas être normal", nous souffle une jeune fille interrogée sur le sujet du harcèlement de rue. Ça ne devrait pas être normal, et pourtant, beaucoup de femmes sont tellement habituées à ce type de comportement, qu'elles ne s'en étonnent plus, être la proie de certains hommes lorsqu'elles sortent de chez elles fait partie de leur routine. "Je suis tellement habituée que ça passe", nous confie ainsi une autre jeune femme croisée.

"Des hommes nous regardent, nous sifflent." Dans la rue, une femme peut-elle finalement être complètement insouciante? Quand une femme se fait importuner dans l'espace public, c'est quelque part sa vulnérabilité qui lui est rappelée, et tout sentiment éphémère de sécurité, écourté.

Toutes les passantes que nous avons interrogées, même celles qui n'ont jamais été harcelées, ont confié qu'elles estiment faire plus attention que les hommes quand elles se promènent dans la rue. Une manière de se protéger qu'elles ont intériorisée, que ce soit au niveau du choix de leurs vêtements, de leur langage corporel ou de ne pas se balader écouteurs aux oreilles. Finalement, pour beaucoup de femmes, arpenter les rues du Luxembourg, c'est être en alerte constante, et souvent, sans même en avoir conscience.

Back to Top
CIM LOGO