Conducteur abattu à BonnevoieEn tirant, l'ex-policier voulait sauver sa vie

RTL Infos
L'ex-policier, qui avait abattu en service un automobiliste à Bonnevoie le 11 avril 2018, a témoigné mardi à l'audience.

Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 27 ans, a expliqué que selon lui, il n'aurait pas eu la possibilité de s’écarter d’un bond quand la voiture arrivait sur lui.

L'accusé a commencé son témoignage un peu timidement. Ensuite, c’est sûr de lui et déterminé qu’il a présenté sa version des faits. Quand la juge lui a demandé ce qu'il visait alors avec son tir, l'ex-policier a répondu qu'il voulait sauver sa vie. En matière de tactique policière, beaucoup de choses se seraient mal passées ce jour-là. Notamment parce qu’il y avait encore des civils autour. Mais à ce moment-là, tirer aurait simplement été sa réaction.

Son comportement au commissariat aurait été puéril. Cependant, il n'aurait jamais pointé son arme sur un accusé qui était interrogé, il aurait seulement fait un mouvement de la main. La juge a cependant émis un doute sur cette déclaration, car la collègue, qui avait affirmé cela, avait encore tenté de défendre l'accusé lors de son témoignage devant le tribunal. L'ex-policier ne peut plus se rappeler avoir dit après les faits, qu'il voudrait récupérer son arme, parce que sinon il ne pourrait "plomber" personne.

A l’audience, la parole a ensuite été donnée à la partie civile, à savoir l’épouse du ressortissant hollandais abattu en 2018. Au-delà du conducteur de la Mercedes dont il est question depuis deux semaines, l’avocat a évoqué l’homme. Un homme âgé de 51 ans, qui, depuis un accident de travail survenu en 2015, ne pouvait plus travailler, qui avait un gros problème d’alcool et qui consommait aussi de l’héroïne. Selon la perception de l’avocat, le Hollandais n’aurait pas pris la voiture de police pour cible. Une manœuvre d’évitement aurait été en cours au moment où les coups de feu ont été tirés. La victime n’aurait pas eu l’intention de blesser qui que ce soit, mais de prendre la fuite, car la voiture n’était ni immatriculée ni en bon état de marche et l’homme avait consommé de l’alcool. Il n’y aurait pas de place ici pour la légitime défense et l’accusé devrait répondre des faits.

Mardi matin, le supérieur de l’accusé au commissariat de Bonnevoie à l’époque des faits, a également témoigné. Lui aussi l’a décrit comme un policier motivé. Quand la juge lui a demandé à plusieurs reprises, comme elle l’avait déjà fait auparavant avec d’autres policiers, pourquoi il n’avait pas rappelé l’accusé à l’ordre en raison de son comportement au commissariat. Il a répliqué qu’après tout, on n’était pas dans une maison relais mais à la police. Il n’aurait pas tout su, a-t-il souvent répété.

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