
Le procès en appel du promoteur immobilier luxembourgeois Flavio Becca commence ce lundi après-midi.
En première instance en mars 2021, il avait écopé d'une peine de prison de deux ans avec sursis intégral ainsi qu'une amende de 250.000 euros pour abus de biens sociaux ainsi que blanchiment. Il avait fait appel de ce jugement le jour même.
Le procès de l'année dernière concernait toute une série de montres de luxe: 842 au total dont 100 Rolex, 100 Chopard, ou encore 30 Patek Philippe, entre autres, pour une valeur estimée à 18 millions d'euros. Ces montres ont été achetées majoritairement entre 2004 et 2011 via plusieurs comptes bancaires de 18 sociétés différentes appartenant à Flavio Becca.
L'affaire avait éclaté au grand jour en 2011 suite à la dénonciation faite par l'administration des contributions. L'achat de ces montres avait alors été classés dans les frais des sociétés, et ce sont certains frais de cadeaux qui ont éveillé les soupçons de l'administration puisqu'aucune personne destinataire de ces bijoux n'avait été renseignée.
Treize perquisitions ont été menées dans la foulée à l'automne 2011 lors desquelles un peu plus de 600 montres ont été retrouvées, Flavio Becca avait alors expliqué lors du procès que 200 autres pièces avaient été offertes à des membres de sa famille.
Il avait également affirmé qu'il fallait différencier les 300 montres acquises par sa société Promobe Finance SPF et les autres. Promobe aurait acheté ces montres en tant qu'investissement, les autres auraient été acquises comme objets de spéculation privés. Il avait alors souligné qu'il fallait parfois acheter tout un ensemble de montres afin de pouvoir mettre la main sur une pièce de collection bien spécifique, ce qui n'a pas réellement convaincu le Parquet qui avait alors retenu les chefs d'accusation de blanchiment et d'abus de biens sociaux contre le géant de l'immobilier au Luxembourg. Pour toutes les montres qui n'avaient pas pu être saisies, une amende de 20.000 par pièce avait été requise à l'encontre de Flavio Becca.
En première instance, il avait été défendu par l'avocat Hervé Temime, déjà engagé auparavant par des personnalités comme Gérard Depardieu ou Roman Polanski. Le Parquet avait alors exigé trois ans et demi de prison avec un éventuel sursis, les juges ont finalement retenu deux ans et demi avec sursis ainsi qu'une amende de 250.000 euros.