Triathlon“Je n’ai plus rien à perdre” : Jeanne Lehair veut conclure sa saison en beauté

Nathan Muller
Sixième au classement général, Jeanne Lehair s’apprête à disputer la dernière manche des World Triathlon Championship Series (WTCS) ce samedi 26 septembre à Pontevedra. La Franco-Luxembourgeoise revient sur sa saison qu’elle juge très régulière, ponctuée par des bons résultats.
© Luxembourg Triathlon / Facebook

Se contenter d’une 6e place au classement général ? C’est mal connaître Jeanne Lehair. Ce samedi 26 septembre, la triathlète va participer à la finale des WTCS à Pontevedra, en Espagne. Et elle ne compte faire de cadeaux à personne. “ Pour l'instant, je me sens bien. J’ai juste une petite gêne à un tendon qui me fait peur, mais d'ici la course ça passera. Je suis toujours parée avant les courses, mais cette fois-ci je n'ai plus rien à perdre ”, explique la Franco-Luxembourgeoise. Au classement, elle est à quelques unités de Léonie Périault, qu’elle compte bien manger tout crue pour finir dans le top 5. L’objectif cette année est de ne pas revivre le même scénario que lors de la finale de l’an dernier : une 21e place inattendue, qui l’avait faite passer de la 3e à la 6e place au classement général.

Jeanne Lehair veut conclure sa saison en beauté
Jeanne Lehair s’apprête à disputer la dernière manche des World Triathlon Championship Series (WTCS)

En 2023, la finale avait déjà eu lieu dans cette ville de Galice. Jeanne terminait 13e, et venait conclure sa première saison des WTCS. Cette année, la concurrence est encore plus rude sur le circuit. Elle se bat face à des pointures comme Cassandre Beaugrand, quadruple vainqueure en 2026 ou Beth Potter, qui a décroché une médaille d’or et trois médailles d’argent. “Même si j'ai fait de bons résultats, c’est dur de faire mieux face à une Cassandre qui me détruit à chaque fois. Je suis super loin d'elle ! Sauf qu'après, tu réalises que c'est peut-être une extraterrestre. Et que ce que tu fais, ce n'est déjà pas mal ”, raconte Jeanne Lehair, toujours aussi intransigeante avec elle-même.

La régularité est la clé

Pas de médaille d’or ni de médaille d’argent autour du cou cette saison pour notre Jeanne nationale. Mais deux 3e places, suivies d’une 4e, puis d’une 5e place avaient parfaitement lancé sa saison, et l’avait placée en tête du classement provisoire à l’issue des quatre premières courses. “Ma troisième place à Yokohama, c’était le meilleur moment de ma saison. Déjà c’était un podium, mais j’étais vraiment dans la course avec les deux premières. Et j’étais très contente de ma nage, ça m’avait beaucoup rassurée.” Malheureusement, deux 8e places consécutives suivies d’un abandon lors de l’étape à Weihai la feront redescendre au fur et à mesure.

Ce qui fait sa force depuis plusieurs saisons, ce sont ces résultats hyper réguliers sur chaque manche. La triathlète est toujours dans la course, et ne commet que très peu d’erreurs. “ Ça fait trois saisons où c'est rare que je ne sois pas dans le top 10. Et pourtant, le top 10, ça commence à être dur sur chaque course. Si je reviens quelques années en avant, je ne m'attendais pas à ça. Des fois je me dis “Jeanne, est-ce que tu te rends compte où tu es” ? Sur ses 19 départs pris en WTCS depuis 2024, Jeanne Lehair n’a terminé qu’à deux reprises en dehors du top 10 (28e à Yokohama en 2024, et 21e à Wollongong en 2025.) Si ça ce n’est pas de la régularité.

Objectif LA 2028 ?

À l’issue de cette saison, les Jeux Olympiques de 2028 à Los Angeles sont désormais plus proches que ceux de Paris. “Je n'ai pas les Jeux dans la tête. Nous c'est un ranking sur deux ans, et là je dois être quelque part dans le top 10. Je me sens assez détendue par rapport aux qualifications, ce qui me laisse le bonheur et la sérénité de pouvoir bien me préparer ”, confie la Franco-Luxembourgeoise. Paris 2024, elle veut l’oublier. C’est dans le rétroviseur. Le lacet de sa chaussure s’était glissé dans le vélo et avait fait sauter sa chaîne, ce qui avait entraîné son abandon définitif lors des Jeux.

Forcément, il y a volonté de rebondir, et marquer l’histoire du Grand-Duché dans un événement d’une telle ampleur. Mais si l’aspect sportif compte énormément pour une athlète comme Jeanne, il ne faut pas oublier le contexte qui entoure les Jeux de Los Angeles. “ L’envie est là, mais par rapport à Paris j'ai moins le côté “fête du sport” parce que j'avoue que tout ce qui se passe aux États-Unis, ce n’est pas trop dans mes valeurs. J’ai un peu peur, personnellement. “ L’objectif pour elle est de se concentrer sur la course, car “si je fais une bonne course, ça sera forcément bien !”

La course au bonheur

Chose assez exceptionnelle pour cette saison, les WTCS finissent bien plus tôt que d’habitude. Loin de rester les bras croisés, Jeanne doit disputer plusieurs compétitions après Pontevedra. D’abord avec son club de Poissy, pour disputer la finale des Triathlon Series à Cabourg. Mais également, la Coupe du Monde de triathlon à Hong Kong sur le week-end du 7 et 8 novembre. “Le problème, c'est que si je finis ma saison trop tôt, j’aurai une très longue coupure où je vais devoir m'entraîner à la maison. Donc j'espère que je vais trouver des petites courses à me mettre sous la dent d'ici là.”

Surtout qu’un autre élément est à prendre en compte pour la fin d’année de Jeanne : son mariage avec le triathlète Nathan Lessmann. Ils se sont dit oui officiellement cet été, chez elle, à Toulouse. Désormais, le vrai mariage avec la famille et les amis doit se tenir en décembre. “Le problème c’est qu’on voulait partir en lune de miel après le mariage, mais il y a les Sports Awards au Luxembourg début décembre et je veux y être. Du coup, je suis en train de réfléchir un peu où je vais, quand j'y vais. C’est dur d’organiser ça quand tu es en pleine saison !” rigole Jeanne. Un heureux événement qui vient conclure une très belle saison.

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