La boucle grand-ducale s’est transformée au point d’attirer un plateau de choix pour la 83e édition qui s’élance ce mercredi de l’Abbaye de Neumünster.

Encore moribond il y a quelques années et mu par un mécanisme qui fixait trop rapidement le classement, le Tour de Luxembourg a brisé sa coquille pour devenir une référence prisée par les coureurs. Le plateau proposé par les organisateurs vient témoigner de cet attrait pour ces cinq jours de course repris dans la catégorie ProSeries de l’UCI, c’est-à-dire l’antichambre du World Tour. Ce qui n’empêche pas les organisateurs d’accueillir 12 des 18 équipes de l’élite mondiale. Du jamais vu ces 20 dernières années.

Les structures prennent du plaisir à venir au pays parce qu’elles y trouvent un terrain adapté aux coureurs polyvalents et parce qu’elles ne doivent pas déployer des moyens considérables puisque les déplacements sont courts, voire inexistants et que rester plusieurs nuits dans le même hôtel, ça n’a pas de prix pour un coureur.

Le double champion du monde Julian Alaphilippe (Soudal - Quick Step) va se piquer au jeu sur des routes qui correspondent bien à ses qualités de puncheur. Il côtoiera notamment ses camarades de l’équipe de France Valentin Madouas, David Gaudu et Thibaut Pinot qui formeront le cœur du réacteur de la Groupama-FDJ. Pinot, très apprécié du public français, disputera l’une de ses dernières courses à cette occasion avant de ranger définitivement son vélo à la cave.

Les formations françaises pourraient bien s’offrir un match dans le match avec notamment AG2R-Citroën qui se déplacera avec son merveilleux petit grimpeur autrichien, Felix Gall, aérien lors du dernier Tour de France au cours duquel il a épinglé l’une des étapes-reines à Courchevel. L’Australien Ben O’Connor et le Français Aurélien Paret-Peintre seront de fameux alliés.

Peut-être un rien moins bien soutenus mais tout aussi talentueux, le Belge Tiesj Benoot (Jumbo-Visma), l’Espagnol Alex Aranburu (Movistar), le Canadien Michael Woods (Israel), le Suisse Marc Hirschi (UAE) et l’Equatorien Richard Carapaz (EF Education EasyPost) sont armés pour succéder au Danois Mattias Skjelmose (Lidl-Trek) qui a renoncé en dernière minute à défendre sa couronne.

Ce que le pays fait de mieux

L’élite du cyclisme grand-ducal sera au rendez-vous. Ou presque car Michel Ries (Arkéa), après trois semaines de Vuelta dans les jambes, ne se joindra finalement pas au casting qui comprend Bob Jungels (Bora-Hansgrohe), Kevin Geniets (Groupama-FDJ), Alex Kirsch (Lidl-Trek), Arthur Kluckers et Luc Wirtgen (Tudor), Tom Wirtgen (Global 6 Cycling), Cédric Pries et Mats Wenzel (Leopard).

Pour faire les yeux doux à ce plateau royal, les organisateurs ont mis le paquet sur la sécurité pour que le couac de 2020 avec des coureurs furieux, ne se reproduise plus. Ils ont aussi utilisé tous les atouts des routes du pays pour rendre leur rendez-vous spectaculaire. Les puncheurs y trouveront leur compte lors de la première (Côte de Stafelter) et dernière étape (Pabeierbierg), les sprinteurs pourront se distinguer le jeudi à Mamer, les rouleurs s’expliqueront sur le contre-la-montre de Pétange le samedi et les grimpeurs se seront régalés la veille à Vianden avec la côte de Saint-Nicolas et l’arrivée au château.

Un écrin parmi d’autres comme l’Abbaye de Neumünster où les 120 coureurs du peloton donneront les premiers coups de pédale ce mercredi à 13h. On pense aussi à Mondorf, ville départ le lendemain et patrie de la famille Schleck, à Mamer qui rendra hommage à Nicolas Frantz, deux fois vainqueur du Tour de France et à Pétange, pays de l’illustre Bim Diederich et dont le club local fête son 100e anniversaire cette année. Bref, des clins d’œil à n’en plus finir pour un rendez-vous qui a pris du galon et que même les Championnats d’Europe programmés à Drenthe aux Pays-Bas en même temps ne viennent pas reléguer dans l’ombre.