CyclismeParis-Roubaix: le peloton en enfer

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L'enfer pour une "reine": le peloton, le Néerlandais Mathieu van der Poel en tête, s'attaque dimanche à Paris-Roubaix, la classique à la fois la plus archaïque et la plus moderne de l'année cycliste.
© AFP

Par ses pavés d’un autre temps et son exceptionnelle télégénie, la “reine des classiques”, créée en 1896, s’est transformée en une dramatique haletante, au dénouement souvent incertain sur le vieux vélodrome roubaisien. A l’exemple de la conclusion d’octobre dernier, quand Van der Poel n’avait pu faire mieux que troisième à l’issue d’une édition mémorable marquée par le froid, la pluie et la boue jusqu’au bout.

Un favori, van der Poel, et un collectif, Ineos

Deux semaines après son Tour des Flandres victorieux, “VDP” se présente en tête de liste des prétendants d’une course dont le record des participations est détenu par son grand-père Raymond Poulidor (18). Puissance, technique, sens de l’offensive plaident en faveur du Néerlandais prodigue de ses efforts jusqu’à l’excès l’année passée.

Face à lui, des collectifs se dégagent avec l’avantage de jouer d’une supériorité numérique dans le final. Surtout celui de l’équipe Ineos, en pleine réussite depuis huit jours avec le Polonais Michal Kwiatkowski, vainqueur de l’Amstel Gold Race, et le jeune Américain Magnus Shefffield, qui l’a imité dans la Flèche brabançonne.

“Nous n’avons pas un leader unique, nous allons mettre à profit les forces de notre équipe”, prévient Kwiatkowski, à l’expérience limitée sur les pavés (deuxième participation seulement) mais à l’exceptionnel talent tout-terrain. Les autres forces d’Ineos se répartissent sur le débutant britannique Ben Turner, en grande forme, le Néerlandais Dylan van Baarle, deuxième dans les Flandres, et le champion du monde du contre-la-montre, l’Italien Filippo Ganna.

Le géant italien (vainqueur 2016 de la version espoirs) est décidé à aborder la course comme “un très long chrono”. D’autres rouleurs puissants, le Suisse Stefan Küng en premier lieu, le Norvégien Alexander Kristoff ou bien encore l’Allemand Nils Politt, présentent des qualités identiques avec l’avantage supplémentaire de la connaissance du terrain.

La Belgique et son champion

La Quick-Step, l’autre collectif marquant au départ des 257,2 kilomètres à Compiègne (54,8 km de pavés), possède une incomparable expérience. Habituellement dominante du côté de la Trouée d’Arenberg, de Mons-en-Pévèle ou du carrefour de l’Arbre, les trois secteurs les plus ardus de l’épreuve, l’équipe belge s’interroge cependant après un début de printemps difficile.

“J’espère que la chance tournera en notre faveur”, soupire son patron Patrick Lefevere. Mais, avec le Danois Kasper Asgreen, le Belge Yves Lampaert et le Français Florian Sénéchal, l’enfant du pays, son groupe peut rétablir la situation avant l’entrée en scène dans les prochaines classiques ardennaises du double champion du monde Julian Alaphilippe, l’un des absents notables avec le double vainqueur du Tour Tadej Pogacar.

Dans le peloton des 25 équipes, ils sont quelques-uns (Stuyven, M. Pedersen, Langeveld, Trentin) à nourrir des visées sur le pavé qui récompense traditionnellement le lauréat.

Faut-il ranger dans le lot Wout van Aert qui n’a plus couru depuis trois semaines à cause du Covid-19 ? Son équipe Jumbo affirme octroyer au champion de Belgique un rôle d’équipier au service de Christophe Laporte et des autres hommes en forme (Van Hooydonck, Teunissen). Lui-même estime “ne pas être certainement au niveau” qui était le sien avant le Tour des Flandres.

Mais, ajoute Wout van Aert, Paris-Roubaix “est une course que l’on ne peut jamais prévoir”. Avant de glisser, sibyllin: “Dans un rôle d’équipier, beaucoup de gars sont déjà allés loin ici.”

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