"Incompréhensible"La rétrogradation des Girondins de Gérard Lopez en National confirmée

RTL Infos
La rétrogradation administrative des Girondins de Bordeaux en National (3e division) a été confirmée mardi par la commission d'appel de la DNCG, le gendarme financier du football, selon le procès-verbal de la Fédération française (FFF) consulté par l'AFP
Le président des Girondins de Bordeaux, l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois Gérard Lopez, après son audition devant la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG), le 14 juin 2022 au siège de la Ligue de football professionnel (LFP).
Le président des Girondins de Bordeaux, l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois Gérard Lopez, après son audition devant la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG), le 14 juin 2022 au siège de la Ligue de football professionnel (LFP).
© AFP

En difficulté financière après sa relégation sportive en Ligue 2 à la fin de la saison passée, le club girondin, reçu mardi à Paris, n’a pas réussi à convaincre la DNCG fédérale. Son propriétaire Gérard Lopez avait reconnu ces derniers jours qu’en cas de décision défavorable, le club risquait le dépôt de bilan.

UNE “RÉTROGRADATION INCOMPRÉHENSIBLE”

Les Girondins de Bordeaux ont dénoncé une “décision incompréhensible” contre laquelle ils vont formuler “un recours”.

“Cette décision injuste est inacceptable et incompréhensible (...) Je me battrai jusqu’au bout et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’exercer un recours contre cette décision inique”, a annoncé le propriétaire du club, Gérard Lopez, dans un communiqué, sans préciser auprès de quelle juridiction le recours allait être formulé. Les Girondins, relégués sportivement de Ligue 1 à Ligue 2, puis administrativement en National, ont la possibilité de saisir le Comité olympique (CNOSF) ainsi que la justice administrative.

L’ESPOIR DE L2 ANÉANTI

Trois semaines de crainte et de doutes durant lesquelles le propriétaire, Gerard Lopez, a tenté de répondre point par point aux notifications de la DNCG qui passait nécessairement par un accord avec ses créanciers américains King Street et Fortress, qui détiennent la dette du club (52 millions d’euros) et donc son avenir à court terme.

Après moult tractations pour trouver les 40 millions d’euros indispensables pour obtenir le feu vert du gendarme financier et repartir en L2, il a finalement arraché cet accord vendredi dernier selon son entourage, soulagé.

“Ça a été les montagnes russes mais c’est signé”, s’était félicité un proche de l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois, pas vraiment verni ces derniers mois en matière de football entre son éviction fin 2020 du poste de président de Lille sacré six mois plus tard, la descente dans le monde amateur de Mouscron en Belgique dont il était actionnaire majoritaire, et les difficultés financières de Boavista, club portugais dont il possède aussi des parts.

L’accord en question porte en premier lieu sur les revenus générés par la vente d’Aurélien Tchouaméni de Monaco au Real Madrid (20% de la plus-value plus les droits de formation, soit 8,3 millions d’euros) qui vont rester au club et ne serviront pas à rembourser une partie de la dette comme le souhaitaient les prêteurs américains. La DNCG s’était montrée inflexible sur ce point le 14 juin dernier.

Comme Lopez s’y était engagé lors de sa première audition, il va bien mettre la main à la poche à hauteur de 10 millions d’euros sous forme d’augmentation de capital via sa société Jogo Bonito, qui, en outre, va récupérer le transfert de responsabilité de la moitié de la dette (26 millions d’euros) due aux deux fonds d’investissements. Une opération “validée par un commissaire aux comptes” selon son entourage.

Enfin, Gerard Lopez et ses créanciers se sont mis d’accord pour l’ouverture d’une ligne de crédit obligataire à première demande de 14 millions d’euros pour couvrir les ventes à venir lors du mercato estival.

Les Girondins, qui espèrent récupérer autour de 40 millions d’euros sur les ventes du milieu Junior Onana et des attaquants Hwang Ui-jo, Sekou Mara et Alberth Elis, pourraient ne jamais s’en servir.

À voir désormais si toutes ces nouvelles pièces ajoutées à leur dossier vont finir par convaincre la commission d’appel de la DNCG de les repêcher en L2, dont la première journée est programmée le 30 juillet.

Si c’est le cas, Bordeaux disposera la saison prochaine d’un budget de 40 millions d’euros avec une masse salariale de 11 millions d’euros et douze nouveaux joueurs attendus.

Si ce n’est pas le cas, il aura en théorie la possibilité de solliciter le CNOSF mais vu les délais avant l’étude de leur cas - “pas avant début août”, selon un avocat spécialisé -, on se dirigerait vraisemblablement vers un dépôt de bilan, suivie d’une liquidation judiciaire et un redémarrage en National 3.

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