
Alors que le match Le Havre - Paris SG lance ce vendredi soir la saison de Ligue 1 (21h), le #BoycottDAZN reste haut dans les tendances sur X (ex-Twitter). Des milliers d’internautes reprochent au nouveau diffuseur du championnat de France de football ses prix très élevés. Une pétition a même été lancée sur Change.org.
Comme le résume le compte “La Minute Foot” sur X, il faudra désormais débourser “15€ par mois pour voir UN match de Ligue 1”, et “40€ par mois pour voir tous les matchs de Ligue 1 (et uniquement L1)”.
Pour être plus exact, l’offre “Unlimited” de DAZN, qui est la plus complète, s’élève à 39,99 € pour une souscription sans engagement ( et 29,99 euros par mois pour un engagement d’un an). Mais même à ce prix, le fan de football n’aura pas accès à l’intégralité des matchs puisque l’affiche du samedi à 17 h sera, elle, diffusée sur BeIn Sports. La chaîne Qatari, dont Canal + est le gestionnaire exclusif de la distribution, diffusera une semaine sur deux l’affiche phare du championnat pour 15 euros par mois. Pour pouvoir regarder tous les matchs, il faudra donc débourser jusqu’à 55 €. Et si on veut avoir la totalité de la Ligue 1 avec la Ligue des champions, on n’est pas loin de 70 euros...
“29,99 € par mois, pour notre offre en France, est un juste prix, s’est pourtant défendu Shay Segev, le PDG de DAZN, dans les colonnes de L’Equipe. Le consommateur doit comprendre qu’il ne paye pas DAZN, il paye la Ligue et les clubs. Parce qu’en fin de compte, si cela ne fonctionne pas, qu’est-ce que cela signifiera pour le football français? Nous devons assurer un minimum de valeur.”
À titre de comparaison, “l’offre DAZN en Allemagne pour la formule premium, qui comprend notamment la diffusion de la Série A, de la Ligue A, plus de la Bundesliga et la ligue des champions, est de 29,99 euros. En Espagne, il faut débourser 18,99 euros par mois pour la Ligue A et 39,99 euros pour l’offre complète (avec la F1, la Première League, la MotoGP)” peut-on lire sur l’Humanité.
Et ce n’est pas le seul motif de grogne. Seules les trois principales affiches du week-end bénéficieront d’un duo journaliste-consultant aux commentaires. Soit cinq matchs sur huit sans consultants. Sur les plus petits matchs, la prise d’antenne aura lieu à 10 minutes du coup d’envoi, avec un commentateur et un journaliste bord terrain. “DAZN ne montre pas d’ambition sur le plan éditorial avec des matches, en dehors de trois affiches, commentés depuis une cabine. Cela interpelle et ce n’est pas de nature à engager les gens à s’abonner” déplore Virgile Caillet, délégué général de l’Union Sport et Cycle, spécialiste de l’économie du sport.
Les appels au boycott, sous le #BoycottDAZN, se multiplient donc sur les réseaux sociaux. Il y a également le risque que les amateurs de foot se tournent en masse vers l’IPTV (pour “Internet Protocol Television : des plateformes diffusant en toute illégalité des programmes assujettis à des droits de diffusion), ou encore le streaming, les bars, les radios…

Sur X, beaucoup d’internautes souhaitent à DAZN un destin similaire à Mediapro, un groupe chino-ibérique qui avait acquis les droits de la saison 2020-2021 contre 850 millions annuels, mais qui avait attiré peu d’abonnés et qui s’était rapidement écroulé.
L’arrivée de DAZN en tant que diffuseur principal de la Ligue 1, avec une tarification largement supérieure aux années passées, ouvre une période d’incertitudes pour le football français, inquiet pour l’exposition de sa compétition phare et sa viabilité économique.

Au départ, au lancement de l’appel d’offres en octobre 2023, la Ligue (LFP) rêvait du milliard d’euros annuels de droits TV pour abreuver les clubs. En attribuant, à l’issue d’un interminable feuilleton, les droits pour 8 matches de L1 en direct à la plateforme de streaming britannique contre 400 millions d’euros annuels en moyenne jusqu’en 2029 (avec un neuvième match sur beIN Sports pour 100 millions d’euros), la LFP a certes évité l’écran noir in-extremis avant l’ouverture du championnat, mais n’a pas empêché le doute de s’installer.
Cette baisse drastique a contraint les clubs à freiner fort sur les transferts. Certains, comme Montpellier, n’ont pas encore enregistré la moindre signature, et attendent les derniers jours du marché, le 1er septembre, pour tenter de réaliser une bonne affaire. Faute d’argent, les présidents espèrent que leur salut viendra du suspense, enfin relancé avec l’exil de Mbappé, un an après le départ de Messi et Neymar, autres têtes de gondole.