
"Je suis une compétitrice, je n'aime pas perdre. Aujourd'hui il y a de la frustration, finir une journée sur une défaite c'est toujours difficile", a réagi la Française après son podium, souriante malgré quelques larmes.
"Mais avec un peu de recul il y a aussi de la joie et de la fierté. Je suis quand même contente et j'espère l'année prochaine ou dès que possible changer enfin la couleur de cette médaille."
Issoufi s'est inclinée en finale face à l'Emiratie Yelyzaveta Lytvynenko, qu'elle avait affrontée une fois auparavant, en novembre 2025, pour une victoire étriquée. Mais cette fois, Lytvynenko s'est montrée nettement dominatrice.
"Il faut reconnaître la victoire franche et nette de l'adversaire qui a fait une très grande journée. On est probablement à notre place en étant vice-championne du monde", a estimé son entraîneur Kilian Le Blouch.
Pour atteindre la finale, la Française avait écarté en demie l'Allemande Olek Anna Monta, N.1 mondiale et vice-championne du monde en titre, lui infligeant un yuko sur le gong: "L'action du désespoir", a-t-elle reconnu.
Elle avait également battu en quart la Japonaise Kurena Ikeda par ippon, malgré une certaine pression pour ses premiers Mondiaux.
"Franchement ce matin (vendredi), j'ai ressenti pour la première fois depuis très longtemps un stress différent, un stress de quand j'étais cadette", a-t-elle raconté. "Mais dès l'échauffement je me sentais mieux, j'avais besoin de m'échauffer pour me refaire confiance."
Longtemps engagée chez les -70 kg, où elle n'arrivait pas à imposer son judo et enchaînait les blessures, Issoufi a choisi de monter dans la catégorie supérieure début 2025.
Visiblement plus épanouie, elle s'est alors mise à décrocher des médailles, remportant notamment le Grand Slam de Tachkent en février. Pour ses premiers Championnats d'Europe en avril, elle était aussi allée chercher le bronze.
"C'est vraiment la meilleure décision de ma vie", a-t-elle déclaré à propos de son choix de combattre en -78 kg. "Je suis contente d'avoir pris ce risque et de m'être fait confiance. Depuis, je m'amuse, je performe, je ne me blesse plus. J'ai enfin des résultats à la hauteur de mon investissement et j'espère que ça ne va pas s'arrêter comme ça."
Revenant sur l'ensemble de sa saison, Kilian Le Blouch a salué les progrès de la Mahoraise. "On peut être fier de ce qu'elle a fait cette saison: médaillée d'Europe, vice-championne du monde, c'est plutôt pas mal", a souligné le coach.
Au sujet de la finale, il a ajouté: "Son adversaire était plus forte, elle a été capable de prendre l'initiative. C'est comme ça."
L'autre Française en lice vendredi, Audrey Tcheuméo, avait également été victime de Lytvynenko plus tôt en huitièmes de finale.
Issoufi apporte une troisième médaille à l'équipe de France, après celles en bronze décrochées par Shirine Boukli (-48 kg) et Dayyan Boulemtafes (-73 kg). De quoi faire remonter un peu le bilan tricolore, jugé décevant jusqu'à présent.
Pour remporter un premier titre individuel, les Bleus compteront samedi sur Romane Dicko et Léa Fontaine, toutes deux engagées en +78 kg. Il restera ensuite l'épreuve par équipes mixte dimanche pour tenter de finir sur une note positive.