Massimiliano Allegri, l’adepte de la victoire pragmatique, a pris une sacrée leçon d’efficacité de la part de son homologue espagnol Unai Emery: son “sous-marin jaune” a surpris la Juve dans le dernier quart d’heure sur un penalty transformé par Gerard Moreno (78e), un but sur corner de Pau Torres (85e) puis un nouveau penalty de Arnaut Danjuma (90+2e).
Avec Cristiano Ronaldo, la Juve s’était déjà arrêtée à ce stade ces deux dernières saisons, battue par Lyon puis le FC Porto, malgré des matches retour à la maison déjà.
Sans la superstar portugaise, qui n’a pas fait mieux à Manchester United, les Bianconeri ont encore failli --et dans les grandes largeurs-- face à un adversaire à leur portée sur le papier.
Voilà l’Italie rayée de la carte européenne, encore une fois à la porte du grand huit et la Juve renvoyée à ses limites dans le jeu.
Dusan Vlahovic, chargé de faire oublier “CR7", n’a cette fois pas eu de réussite malgré plusieurs occasions en première période et c’est toute la Juve qui s’est perdue en seconde période, incapable d’emballer le match malgré la maîtrise du ballon.
Le Serbe est tombé sur un Geronimo Rulli vigilant (20e, 35e) et a touché la barre sur une superbe déviation au premier poteau qui aurait changé beaucoup de choses (21e).

Le gardien espagnol a également sorti un bel arrêt sur une belle tête d’Alavaro Morata en début de match (11e).
Mais la Juve savait qu’elle devait se méfier de ces techniques Espagnols, qui ont très bien fait circuler le ballon pendant 20 minutes et joué les coups à fond. Sur le meilleur d’entre eux, Lo Celso a manqué le cadre d’un rien (22e).
Toutes ces péripéties de la première période ont été balayées par une seconde période inattendue, qui a vu la Juve se casser les dents sur des Espagnols de plus en plus bas et attentistes dans leur camp.
“Dybala Dybala”, a-t-on commencé à entendre dans les gradins, alors que l’Argentin a accéléré son échauffement et que Rabiot tente deux tirs pour animer un match tombé dans un faux rythme (58e,59e).
Quand Allegri a enfin tenté quelque chose en lançant Dybala (78e), il était déjà trop tard: le match venait de basculer en faveur des Espagnols, sur un penalty obtenu par Francis Coquelin pour un tacle en retard de Daniele Rugani, transformé par Gerard Moreno.
C’était le début de la fin pour des Bianconeri tétanisés et qui ont cédé encore deux fois, laissant Villarreal rejoindre en quarts de finale le Real Madrid et l’Atlético Madrid, autres représentants d’une Espagne triomphante.
La Juve, elle, distancée en championnat, n’a plus que la Coupe d’Italie pour sauver sa saison. Pas sûr que ça suffise au président de la Juve Andrea Agnelli, celui qui rêve toujours à voix haute de Super Ligue.
Accrocheur mais brouillon, Lille a atteint ses limites en Ligue des champions avec une défaite 2-1 contre Chelsea, butant à nouveau sur le plafond des huitièmes, comme en 2007, et laissant filer en quarts le champion d’Europe, déjà vainqueur 2-0 à l’aller.
Chelsea a beau être empêtré dans un imbroglio politico-financier après les sanctions britanniques visant son propriétaire russe Roman Abramovitch, l’équipe de Thomas Tuchel a de la ressource: le tenant du titre a répondu par Christian Pulisic (45e+3) à la ferveur née de l’ouverture du score de Burak Yilmaz sur penalty (38e), avant de régler l’affaire sur un but chanceux de Cesar Azpilicueta (71e).
D’autres équipes que Chelsea auraient peut-être sombré dans la chaude ambiance du stade Pierre-Mauroy. Mais pas les Blues, champions d’Europe et champions du monde des clubs, qui en ont vu d’autres et rejoignent Manchester City et Liverpool en quart de finale.
Soit trois équipes anglaises dans le Top 8 européen, comme l’an dernier, contre aucun club français à ce stade pour la première fois depuis 2019 et seulement la troisième fois en 10 ans - le Paris SG ayant lui aussi chuté en huitièmes.
Il sera bientôt temps de se demander dans quelles conditions Chelsea, dont les dépenses en déplacement sont désormais strictement encadrées par Londres, se rendra chez son futur adversaire, qui sera désigné vendredi lors du tirage au sort à Nyon (Suisse).
Mais les Blues seront en quarts et pas les Lillois, qui n’ont pas démérité sur l’ensemble des deux matches mais ont été renvoyés à leurs insuffisances, en terme de talent ou de profondeur d’effectif.