"Conférence humanitaire" sur Gaza à L'ÉlyséeXavier Bettel: "Au moins un cessez-le-feu humanitaire"

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Le président Emmanuel Macron a ouvert jeudi une "conférence humanitaire" pour tenter de débloquer l'aide vers Gaza, incessamment bombardée par Israël depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre. Le Premier ministre Xavier Bettel exige "au moins un cessez-le-feu humanitaire", dans l'immédiat.
Xavier Bettel arrive à la conférence internationale pour la population civile de Gaza au Palais de l'Elysée.
Xavier Bettel arrive à la conférence internationale pour la population civile de Gaza au Palais de l’Elysée.
© Hans Lucas via AFP

Israël contine de pilonner la ville de Gaza, poussant des dizaines de milliers de civils à fuir vers le sud du territoire palestinien assiégé. Un responsable militaire israélien a assuré qu’”il n’y a pas de crise humanitaire dans la bande de Gaza” tout en reconnaissant les “nombreuses difficultés” auxquelles font face les civils palestiniens.

C’est à la protection des civils qu’il nous faut travailler. Il faut pour cela une pause humanitaire très rapide et il nous faut œuvrer à un cessez-le-feu”, a déclaré le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, devant les représentants d’une cinquantaine de pays, -dont le Luxembourg- et d’organisations humanitaires.

A Paris, Xavier Bettel, explique qu’ ”il y a plusieurs revendications, la première étant une trêve humanitaire”. Et le Premier ministre luxembourgeois explique qu’”il ne faut pas se leurrer: exiger de M. Netanyahu la paix du jour au lendemain ou exiger un cessez-le-feu immédiat, ça nous ne l’aurons pas!

Raison pour laquelle Xavier Bettel pense qu’”il est opportun de dire: “Vous devez au moins accorder le cessez-le-feu humanitaire"".

“Jamais sans règles”

Si Israël a “le droit de se défendre et le devoir de protéger les siens”, son gouvernement a aussi “une éminente responsabilité (...) de respecter le droit et protéger les civils”, a expliqué Emmanuel Macron.

“La lutte contre le terrorisme ne peut jamais aller sans règles”, a-t-il relevé, soulignant combien la situation humanitaire se dégradait “chaque jour davantage”.

© SAID KHATIB / AFP

Le petit territoire palestinien est assiégé depuis l’attaque d’une violence sans précédent lancée en Israël le 7 octobre par le Hamas, qui a fait plus de 1.400 morts, majoritairement des civils. Les frappes d’Israël, qui s’est promis d’”anéantir” le Hamas, ont fait plus de 10.000 morts, essentiellement des civils, selon le mouvement islamiste palestinien.

Annoncée à la hâte la semaine passée, la conférence réunissait en majorité des représentants de second rang. L’Autorité palestinienne a envoyé son Premier ministre et l’Egypte, qui contrôle à Rafah le seul point de passage vers Gaza qui ne soit pas tenu par Israël, une simple délégation ministérielle.

Le gouvernement israélien a été informé de cette initiative mais n’était pas représenté à l’Elysée. “Nous savons que la situation civile dans la bande de Gaza n’est pas facile”, a affirmé jeudi le colonel Moshe Tetro, responsable pour Gaza de l’organe du ministère israélien de la Défense supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens, tout en réfutant toute crise humanitaire.

Les organisations humanitaires, représentées en force à Paris, ont de leur côté dénoncé à l’unisson l’impossibilité d’apporter de l’aide tant que se poursuivent les bombardements sur Gaza.

“Sous nos yeux”

On ne peut plus attendre une minute de plus pour un cessez-le-feu humanitaire à Gaza et la levée d’un siège qui est une punition collective pour un million d’enfants”, a tonné Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). “La loi est violée sous nos yeux des deux côtés”.

L’ONU estime les besoins en aide pour la population de Gaza et de Cisjordanie à 1,2 milliard de dollars jusqu’à fin 2023.

La conférence vise à aboutir à un diagnostic commun sur la situation et à mobiliser partenaires et bailleurs. Les discussions devaient comporter en particulier un volet sur l’aide en matière d’alimentation, d’équipements médicaux et d’énergie et un autre sur les promesses de dons. La France va porter son aide de 20 à 100 millions d’euros, a ainsi indiqué Emmanuel Macron.

Mais aucune promesse n’aura de sens sans la possibilité pour les camions d’aide de pénétrer dans la bande de Gaza. Et cette perspective semblait loin d’être assurée jeudi.

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