
Son commentaire vient s’ajouter à celui d’autres représentants américains présents au Forum économique de Davos (Suisse) qui ont appelé les Européens à la retenue, notamment le secrétaire au Trésor Scott Bessent qui avait estimé lundi que des mesures de rétorsion de l’UE seraient très mal avisées.
Mardi, le président français Emmanuel Macron a une nouvelle fois invoqué le recours à l’instrument “anti coercition” de l’UE, rappelant que cette dernière doit “utiliser” les outils “très puissants” dont elle dispose en matière commerciale.
“Chaque pays va chercher à faire ce qui considère être de son intérêt national”, a déclaré Jamieson Greer devant des journalistes en marge du forum de Davos.
“Et ceci a naturellement des conséquences”, a-t-il ajouté, estimant qu’il serait “pas judicieux” d’activer cet instrument.
Cet outil, encore jamais utilisé, vise à répondre à tout pays qui utiliserait des armes commerciales pour faire pression sur l’un des 27 Etats membres.
Comparé par certains à un “bazooka” et pensé comme un instrument de dissuasion, il permet en particulier de limiter les importations provenant d’un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements.
Donald Trump a menacé d’imposer à huit pays européens, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, de nouvelles surtaxes douanières en raison de leur opposition concernant le Groenland. L’Union européenne a promis une riposte.
Interrogé sur la réaction des Etats-Unis si les Européens refusaient de négocier une cession du Groenland, le représentant américain a répondu: “quand les pays suivent mes conseils, en général tout se passe bien. Dans le cas contraire, des choses dingues se produisent”.
“Le marché américain ne sera pas toujours accessible pour tout le monde, tout le temps”, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a appelé les Européens à “réduire la pression” concernant leurs menaces de rétorsions commerciales, sous peine sinon d’affecter l’accord commercial conclu en juillet avec Washington.
“Cela se ferait dans un sens qui ne bénéficierait pas à l’Europe”, a-t-il dit.
Conclu à l’été en Ecosse, cet accord commercial prévoit des droits de douane de 15% sur les exportations européennes vers les Etats-Unis, mais leur suppression en ce qui concerne les exportations américaines vers l’UE.