
"Une attaque systémique sur le rail est en cours à travers le pays. Notre centre de surveillance et nos employés sont en alerte de haut niveau", a indiqué la compagnie des chemins de fer Ukrzaliznytsia.
Elle a indiqué des retards importants et demandé aux usagers de se préparer à de possibles évacuation, procédure déjà courante alors que Moscou vise régulièrement des infrastructures et des transports ferroviaires dans ses frappes de drones et missiles.
Volodymyr Zelensky a déclaré que Moscou avait visé dans cette nouvelle vague de frappes des infrastructures ferroviaires et énergétiques, ainsi que des "bâtiments civils", notamment dans l'ouest du pays, moins souvent visé que les régions proches du front ou la capitale.
Un drone russe a notamment frappé dimanche la locomotive d'un train de voyageurs à destination de Varsovie près de la frontière polonaise côté ukrainien, sans faire de victimes, ont annoncé Varsovie et Kiev.
L'Ukraine a indiqué que la frappe a eu lieu à deux kilomètres de la frontière avec la Pologne, membre de l'Otan. "Voilà la terreur de (Vladimir) Poutine qui "frappe" directement aux portes de l'UE et de l'Otan. Chers partenaires, les barbares russes sont à vos portes", a dénoncé dans la matinée le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga.
La Pologne a également indiqué qu'un autre drone avait frappé à proximité d'un poste-frontière.
"Peu avant que la locomotive ne soit touchée à la frontière ukraino-polonaise, un train diplomatique se trouvait en gare de Yagodyn", a affirmé Ukrzaliznytsia dans un communiqué.
"Il y avait, entre autres, des conseillers en sécurité de plusieurs Etats membres de l'UE et d'anciens dirigeants européens à bord, dont l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson. Dans un autre train qui se trouvait en gare de Yagodyn au moment même de l'attaque se trouvait l'ancien directeur de la CIA David Petraeus", a-t-elle ajouté.
Plusieurs médias rapportent également qu'à son bord se trouvaient l'un des plus proches conseillers du chancelier allemand Friedrich Mertz. Toutes les personnalité étaient à Kiev pour des consultations.
"Tous les services nécessaires sont à pied d'oeuvre près de la frontière polono-ukrainienne, dans la région de Volhynie, où les Russes ont délibérément incendié une locomotive et endommagé une station-service lors d'une frappe de drone", a dit M. Zelensky.
La compagnie ferroviaire polonaise PKP Intercity a indiqué que le train reliait Kiev à Varsovie avec 206 passagers à son bord. Il devait poursuivre son trajet jusqu'à Varsovie avec plus de six heures de retard.
L'un des drones lancés par Moscou est tombé près du poste-frontière de Dorohusk-Yagodyn, tandis que l'autre a touché le train de voyageurs, selon le ministre polonais de l'Intérieur, Marcin Kierwinski
"Nous traitons ces événements avec le plus grand sérieux. La situation fait l'objet d'une surveillance constante", a-t-il déclaré.
Des infrastructures ferroviaires ont également été touchées par des frappes russes dans la région de Vinnytsia (centre-ouest) et au moins deux personnes sont mortes à Kramatorsk (est), selon les autorités ukrainiennes.
Un drone russe a frappé une station-service en Ukraine située à 2 kilomètres de la frontière polonaise, a déclaré dimanche soir une porte-parole du ministère polonais de l'Intérieur à l'AFP.
"L'aéronef sans pilote a frappé une station-service dans la ville de Yahodyn, à 2 km de la frontière polonaise", a déclaré Karolina Galecka, ajoutant qu'à la suite de cette frappe, "deux camions" avaient "pris feu".
L'Ukraine a également intensifié ses frappes de longue portée sur le territoire russe, qu'elle qualifie de réponse aux bombardements de Moscou, visant notamment des raffineries.
Le président américain Donald Trump a estimé dimanche que son homologue ukrainien devrait cesser ces frappes.
"Qu'il s'en prenne à des cibles, mais pas au diesel, parce qu'il provoque une pénurie de diesel", a-t-il déclaré.