"Ne gâchons pas tout!"Trump regrette les frappes d'Israël sur Beyrouth

AFP
Donald Trump a regretté dimanche les frappes israéliennes sur Beyrouth, une attaque remettant en cause selon l'Iran les négociations pour un accord de paix régionale, dont la signature dans la journée, annoncée par le président américain, apparaît désormais compromise.  
Des habitants recherchent des survivants sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé un bâtiment dans la banlieue sud de Beyrouth, le 14 juin 2026 au Liban
Des habitants recherchent des survivants sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé un bâtiment dans la banlieue sud de Beyrouth, le 14 juin 2026 au Liban
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"L'attaque de ce matin (...) n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier où nous sommes si près d'un accord de paix avec l'Iran", a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. 

Ces frappes menées sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en réaction selon Isräel à des attaques de drones du mouvement chiite sur son territoire, ont fait trois morts. Il s'agit du deuxième bombardement en une semaine sur cette banlieue.

"L'agression" israélienne "a une fois de plus démontré que les Etats-Unis n'ont soit pas la volonté de respecter leurs engagements, soit pas la capacité de le faire", venait de déplorer sur X le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. 

Et un haut responsable de l'état-major iranien a averti que les frappes israéliennes ne resteraient pas "impunies". 

Le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 11 juin 2026 à Washington
Le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 11 juin 2026 à Washington
© AFP

"Il ne devrait plus y avoir d'attaques israéliennes nulle part au Liban, mais il ne devrait pas non plus y avoir d'attaques de la part d'aucune autre partie, y compris le Hezbollah, contre Israël (...). Ne gâchons pas tout!", a ajouté M. Trump.  

La veille, il avait promis une signature dimanche - jour de ses 80 ans -, ce que Téhéran n'avait pas confirmé. Et selon lui, dès que l'accord "aura été signé, le détroit d'Ormuz sera OUVERT À TOUS". 

Citant une source proche des négociateurs s'exprimant avant l'attaque au Liban, l'agence de presse Fars, réputée proche des milieux conservateurs, a de son côté affirmé que "même si toutes les positions de l'Iran étaient prises en compte, aucun accord ne serait signé dans le délai annoncé par Trump".

"Sur la bonne voie"

"De tout ce que je sais, nous sommes sur la bonne voie. Ce n’est pas une question de savoir si cela va arriver, mais de savoir quand. Il y a des aspects logistiques à prendre en compte", a affirmé le ministre américain de la Défense Pete Hegseth.

Reste que les informations qui ont fuité sur ce possible accord initial, qui ouvrirait la voie à des négociations sur les détails techniques très contestés, présentent encore des divergences.

Image fournie par le bureau du Premier ministre pakistanais montrant le Premier ministre Shehbaz Sharif (g) et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, le 25 avril à Islamabad, au Pakistan
Image fournie par le bureau du Premier ministre pakistanais montrant le Premier ministre Shehbaz Sharif (g) et le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, le 25 avril à Islamabad, au Pakistan
© Burau du Premier minisstre pakistanais/AFP/Archives

Le président américain a déjà annoncé de nombreuses fois un accord imminent, sans effet. 

En attendant, une délégation du Qatar, pays participant aux efforts de médiation aux côtés du Pakistan, est arrivée dimanche à Téhéran selon les médias iraniens et un diplomate.

Sous pression dans son pays pour sortir d'un conflit impopulaire, Donald Trump sera aussi confronté dans les jours à venir aux dirigeants des grandes puissances lors du sommet du G7 en France. 

Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril, Washington et Téhéran cherchent un accord mais les négociations ont buté sur de nombreux points: programme nucléaire iranien, contrôle du détroit d'Ormuz (crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures ou d'engrais agricoles), levée des sanctions visant Téhéran ou encore inclusion du Liban.

Image tirée d'une vidéo diffusée par le Commandement central américain (Centcom), le 11 juin 2026, montrant ce que l'armée présente comme des frappes ciblant
Image tirée d'une vidéo diffusée par le Commandement central américain (Centcom), le 11 juin 2026, montrant ce que l'armée présente comme des frappes ciblant
© US Central Command (CENTCOM)/AFP

Selon le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le texte discuté prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz, contrôlé par Téhéran depuis le début de la guerre. 

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié vendredi un texte présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, comprenant le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger, demande clé de la République islamique asphyxiée par les sanctions.

Récupérer la poussière nucléaire

Selon Donald Trump, les Iraniens - qui démentent vouloir se doter de l'arme atomique comme les en accusent les Etats-Unis et Israël - "ne veulent plus d'arme nucléaire". 

Les Etats-Unis iront "quand tout sera calme (...) récupérer la poussière nucléaire, enfouie profondément" afin de la diluer et de la détruire "en Iran ou aux Etats-Unis", a-t-il ajouté samedi.

Des habitants recherchent des survivants sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé un bâtiment dans la banlieue sud de Beyrouth, le 14 juin 2026 au Liban
Des habitants recherchent des survivants sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé un bâtiment dans la banlieue sud de Beyrouth, le 14 juin 2026 au Liban
© AFP

Concernant le Liban, un haut responsable américain a indiqué vendredi qu'il était bien inclus dans l'accord en discussion, comme réclamé par Téhéran. Washington avait auparavant dit vouloir dissocier ce dossier. 

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne son voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, qui cible lui ses positions et son territoire. 

Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.

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