
L'armée américaine a lancé dans la soirée une nouvelle salve de frappes contre l'Iran, pour la onzième nuit consécutive.
Peu avant le début de ces frappes, à 01H00 dans la nuit de mardi à mercredi, le président américain avait menacé d'attaquer "très bientôt" un complexe nucléaire souterrain secret dans la montagne Kolang, dans le centre du pays, affirmant que "nous n'en avons pas fini du tout".
L'Iran frappera tous les intérêts américains et de leurs alliés au Proche-Orient, si cette menace est mise à exécution, a répondu le commandement des forces armées iraniennes, Khatam al-Anbiya.
Téhéran riposte déjà aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis et continue de verrouiller le stratégique détroit d'Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires.
Ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent pour leur part d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.
Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.
Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.
Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.
Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.
Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.
Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.
Le conflit devrait coûter 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis jusque fin septembre, une hausse de près de 30% par rapport à la dernière estimation, a estimé le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.
L'Iran estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, alors que Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain. Trois militaires américains ont été tués en Jordanie et en Irak ces derniers jours.
Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.
L'armée du Koweït a dit dans la nuit de mardi à mercredi qu'elle interceptait des "drones hostiles".
La Jordanie et Bahreïn ont aussi annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens ces dernières 24 heures.
"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.
Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.
Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.