
Alors que la ville est sous tension depuis la mort la semaine dernière d’une femme abattue par un agent lors d’une opération, un ressortissant vénézuélien a été blessé mercredi en fin de journée par un nouveau tir policier.
Selon le ministère de la Sécurité intérieure, les faits se sont déroulés au cours d’une altercation, alors que la victime, “en situation irrégulière”, tentait de résister à son arrestation par la police fédérale.
Le policier a alors “tiré un coup de feu défensif pour protéger sa vie”, touchant l’homme à la jambe, selon l’institution.
De quoi déclencher une manifestation de quelques centaines de personnes qui ont fait face aux forces de l’ordre pendant plusieurs heures. Des mortiers d’artifice ont été tirés sur des agents, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes.

Dans un message sur Truth Social, le président américain a réagi jeudi en menaçant d’invoquer l’"Insurrection Act” si “les politiciens corrompus du Minnesota ne respectent pas la loi et ne s’emploient pas à empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d’attaquer” les agents d’ICE.
Donald Trump a plusieurs fois menacé d’utiliser ce texte ces derniers mois, qui lui permettrait de mettre en place une forme d’état d’urgence autorisant le déploiement de l’armée à des fins de maintien de l’ordre.
L’"Insurrection Act” a été invoqué pour la dernière fois en 1992 par le président George Bush père à la demande du gouverneur républicain de Californie, confronté à des émeutes sans précédent à Los Angeles après l’acquittement des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King, un automobiliste noir, l’année précédente.
Dans l’après-midi de jeudi, la ville a été le théâtre d’un nouveau face-à-face entre policiers et manifestants à proximité d’un bâtiment fédéral, avec quelques bousculades, sans aller jusqu’aux affrontements observés la veille.
Les autorités démocrates du Minnesota accusent le gouvernement de semer le chaos à Minneapolis en multipliant les opérations de contrôle et les arrestations dans une ville encore sous le choc de la mort le 7 janvier de Renee Nicole Good, une Américaine de 37 ans.

Jeudi, le gouverneur de l’Etat, Tim Walz, a demandé au président de “faire baisser la température” et cesser sa “campagne de représailles”. Il a aussi appelé les habitants au calme: “Nous ne devons pas alimenter les flammes du chaos. C’est ce qu’il (le président) veut”.
Stephen Miller, proche conseiller de Donald Trump, a accusé les élus démocrates, sur la chaîne conservatrice Fox News, de “délibérément inciter à une insurrection violente” contre les policiers fédéraux.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a, elle, dénoncé la “rhétorique méprisable” du camp adverse et reproché aux médias d’en être “complices”.
La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a promis que les opérations d’ICE sur place allaient “se poursuivre”.
Des centaines de policiers ont rejoint l’Etat en début de semaine, s’ajoutant aux quelque 2.000 qui y étaient déjà déployés.
Le gouvernement mexicain a demandé jeudi des explications aux Etats-Unis pour la mort d’un de ses ressortissants alors qu’il était détenu par la police de l’immigration dans l’Etat de Géorgie (sud).
Plus tôt le même jour, le Washington Post a rapporté que la mort en détention d’un immigrant cubain de 55 ans serait probablement considérée comme un homicide, la “cause préliminaire du décès étant l’asphyxie due à une compression du cou et de la poitrine”.
Au moins quatre personnes sont décédées alors qu’elles étaient entre les mains d’ICE depuis le début de 2026, et au moins 30 en 2025, l’année la plus meurtrière depuis la création de cette police en 2004, selon des statistiques officielles.
Les démocrates réclament que les responsabilités soient établies dans la mort de Renee Nicole Good, craignant que l’enquête du FBI ne toit totalement biaisée après que plusieurs responsables du pays, Donald Trump en tête, ont défendu la thèse de la légitime défense.
Mercredi les avocats de la famille de la victime ont annoncé l’ouverture d’une enquête civile dans cette affaire, une première étape pour une éventuelle action ultérieure contre l’Etat fédéral.