Décollage réussiSophie Adenot rejoint l'ISS, une première pour une Française depuis 25 ans

AFP
C'est un rêve d'enfant qu'elle s'apprête à concrétiser: après des années de préparation, l'astronaute française Sophie Adenot s'est envolée vendredi vers la Station spatiale internationale pour sa première mission, qui marquera le retour d'une Française dans l'espace après 25 ans.
ESA (European Space Agency) astronaut Sophie Adenot points to the French flag on her shoulder as she prepares to travel to the SpaceX Falcon 9 rocket with the company's Dragon spacecraft at Space Launch Complex 40 for the Crew-12 mission at Cape Canaveral Space Force Station in Florida, on February 13, 2026.
© AFP

Accompagnée de deux Américains et d’un Russe, la Française de 43 ans prendra place à bord d’une fusée de SpaceX, l’entreprise spatiale du multimilliardaire Elon Musk, pour un voyage de plus de 30 heures à destination de l’ISS.

Le top départ, qui sera donné depuis Cap Canaveral en Floride, a été donné à 11h20 après avoir été reporté de deux jours en raison de mauvaises conditions météorologiques.

Installé dans le vaisseau Crew Dragon, l’équipage de cette mission nommée Crew-12 rejoindra le laboratoire orbital vers 21H15 samedi pour un séjour de huit à neuf mois.

Sophie Adenot deviendra à cette occasion la deuxième Française de l’histoire à effectuer un vol dans l’espace, après la pionnière Claudie Haigneré en 1996 et 2001, qui l’a inspirée et dont elle portera l’écusson.

“J’avais 14 ans, j’ai eu le déclic quand je l’ai vue décoller (...). Je me souviens très bien que c’est à ce moment-là que je me suis dit “un jour ce sera moi"", confiait récemment celle dont la chambre d’enfant était ornée de posters de fusée.

Laboratoire unique

L'astronaute française Sophie Adenot après une conférence de presse de l'Agence spatiale européenne (ESA) à Cologne, en Allemagne, le 3 mai 2023
L’astronaute française Sophie Adenot après une conférence de presse de l’Agence spatiale européenne (ESA) à Cologne, en Allemagne, le 3 mai 2023
© AFP/Archives

Trente ans après cette expérience marquante et un parcours d’excellence dicté par ce rêve, cette ingénieure de formation et ancienne pilote d’essai entrera à son tour dans l’Histoire, quelques années après un autre Français, Thomas Pesquet.

Apprécié pour sa bonhomie, ce dernier avait relancé l’intérêt du grand public pour l’espace lors de deux séjours passés dans l’ISS.

Comme lui, Mme Adenot, large sourire et cheveux châtains rassemblés en queue de cheval, use déjà des réseaux sociaux pour partager son quotidien hors du commun.

Graphique montrant toutes les missions orbitales depuis 1961, par ensemble de nationalités et par genre.
Graphique montrant toutes les missions orbitales depuis 1961, par ensemble de nationalités et par genre.
© AFP

“On est fiers, fiers d’avoir une Française qui va mener cette mission formidable, fiers de continuer l’aventure spatiale à travers vous”, lui assurait la semaine passée le président Macron lors d’une visioconférence organisée à l’Elysée.

Durant son séjour à 400 kilomètres de la Terre Sophie Adenot participera avec ses collègues à plus de 200 expériences scientifiques.

Ces dernières porteront, d’une part, sur la microgravité, pour étudier notamment ses effets à long terme sur le corps humain, et sur l’environnement spatial, d’autre part.

L’astronaute testera par exemple EchoFinder, un système mis au point par le Centre national d’études spatiales (Cnes), qui doit permettre aux astronautes de réaliser des échographies en totale autonomie, grâce à l’intelligence artificielle et à la réalité augmentée.

Elle se soumettra aussi à une série de tests neurosensoriels pour évaluer l’effet de son séjour en orbite sur la mémoire, la prise de risque ou la reconnaissance des émotions.

Coopération internationale

Sa mission, qui doit prendre fin en octobre avec son retour sur Terre, a été quelque peu compliquée par une série de contretemps, entre retour prématuré d’un équipage précédent de l’ISS pour raisons médicales et contraintes de calendrier liées à une autre mission habitée de la Nasa, à destination cette fois de la Lune.

Et le cosmonaute russe prévu de longue date pour partir à ses côtés a été retiré d’urgence l’an passé de l’équipe en raison de soupçons d’espionnage selon des analystes, sans que la Nasa ne confirme ce point. Il a été remplacé par un autre cosmonaute.

Occupée en permanence depuis 25 ans, l’ISS est un laboratoire scientifique sans pareil mais aussi l’un des derniers espaces de coopération internationale entre Américains et Russes.

Cette aventure collaborative est néanmoins appelée à prendre fin en 2030, quand la Station spatiale internationale sera mise en retraite. Les stations spatiales entreront alors dans une ère plus commerciale, à l’image de ce qui s’est déjà produit pour les fusées.

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