
Avec 66,17% des voix (79.613 voix), l'eurodéputé, partisan d'une rupture avec LFI, remporte les faveurs des 120.787 votants, laissant loin derrière le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui n'obtient que 17.398 voix, soit 14,46% et est largement désavoué sur sa ligne de rassemblement de la gauche.
Les trois autres candidats Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel obtiennent tous moins de 10% des voix.
"Ce résultat dit quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner. Elle peut parler de justice, d’écologie et de République sans renoncer à rien. Nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l'élection présidentielle", a réagi l'eurodéputé sur X.
Il a reçu le soutien appuyé de Jérôme Guedj. "La primaire, désormais, elle est derrière nous. Le vote est clair. Et donc, il faut qu'on aille le plus vite possible en campagne pour la réussite de la gauche", a-t-il déclaré.
"On est partis sur de bons rails", a estimé Emmanuel Maurel. Ségolène Royal, avec 7,6% des voix, s'est dite "très déçue mais sans regrets".
Dans les sondages pour la présidentielle des 18 avril et 2 mai, il est actuellement crédité de 9% à 14% des intentions de vote, loin derrière la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, donnée grande favorite, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron Edouard Philippe (centre-droit) et le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.
Politicien atypique, intellectuel défenseur des droits de l'Homme, de l'Europe et de l'Ukraine, Raphaël Glucksmann a émergé ces dernières années comme l'un des rares espoirs de la gauche modérée.
C'est depuis le Parlement européen, où il est élu depuis 2019, qu'il a construit son ambition présidentielle. Par deux fois, il a mené une liste commune entre son petit parti, Place publique, et le Parti socialiste, aux élections européennes.
Fils du philosophe André Glucksmann, lui-même essayiste, il a forgé ses premières expériences politiques en Georgie, aux côtés du président Mikheil Saakachvili.
Ses contempteurs lui reprochent souvent d'être trop éloigné des réalités des Français. A l'accusation d'être "trop parisien" ou "hors-sol", l'essayiste nourri d'internationalisme, rappelle son expérience comme documentariste sur le génocide des Tutsi au Rwanda puis sur la révolution orange en Ukraine en 2004, ou comme conseiller de l'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili de 2008 à 2012.
"Ma parole et ma vision du monde ne se sont pas forgées à Davos ou Washington, mais dans des lieux dont je ne sais si vous pouvez soupçonner la désolation", rétorque-t-il.
Il a multiplié pendant l'été les déplacements dans les régions françaises et revendique un projet ancré à gauche, cherchant à concilier transition écologique et progrès social.
Mais il exclut toute alliance avec la parti de la gauche radicale La France insoumise (LFI). Il a qualifié en mars Jean-Luc Mélenchon de "Jean-Marie Le Pen de notre époque", en référence au fondateur du parti de l'extrême droite française.
Le tribun de LFI venait lors d'un meeting de plaisanter sur la prononciation de son nom de famille issu d'une famille juive ashkénaze, comme il l'avait fait avec d'autres patronymes à consonance juive.