
Une opération qui peut sembler contre‑intuitive, mais qui vise précisément à réduire la présence du moustique‑tigre asiatique, espèce invasive capable de transmettre la dengue, le zika ou la fièvre jaune.
Depuis plusieurs mois, le pays mène une série de lâchers contrôlés : 60.000 moustiques ont déjà été relâchés, et cette opération constitue la dernière phase de l’essai en cours. Tous les insectes utilisés appartiennent à l’espèce Aedes albopictus — mais, détail essentiel, ils sont mâles et donc incapables de piquer, seules les femelles ayant besoin de sang.
Ces moustiques ont été stérilisés grâce à une technique éprouvée et sûre, expliquent les responsables du projet. Une fois relâchés, ils entrent en concurrence avec les mâles sauvages déjà présents. L’objectif est simple : si les femelles s’accouplent avec des mâles stériles, aucune descendance n’est produite, ce qui réduit progressivement la population de moustiques capables de transmettre des maladies.
Pour l’heure, les chercheurs se concentrent sur l’analyse du comportement des moustiques relâchés : leur capacité à se disperser, à survivre et à interagir avec la population locale d’insectes. Si les résultats sont concluants, une étude comparative entre zones traitées et zones témoins est prévue en mai, afin de mesurer l’impact réel de cette méthode de contrôle.
Les autorités rappellent toutefois que cette technique n’est qu’un outil parmi d’autres. La lutte contre le moustique‑tigre passe aussi par l’élimination systématique des points d’eau stagnante, où l’espèce se reproduit facilement — un travail de prévention indispensable pour limiter les risques sanitaires.
En misant sur une approche innovante, non chimique et sans danger pour l’homme, le Portugal espère ainsi freiner l’expansion d’un vecteur de maladies devenu un enjeu de santé publique dans de nombreux pays européens.