
Le gouvernement, selon un projet de loi qui doit être prochainement examiné au Parlement, veut interdire l’usage des téléphones portables dans les lycées, ainsi que les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
“L’interdiction du téléphone au lycée est une question de principe: le temps de l’école, c’est le temps de l’apprentissage, ce n’est pas le temps du téléphone”, affirme le ministre, ajoutant que cette interdiction “aura donc une portée symbolique forte”.
Toutefois, cette exigence “n’empêche pas des dérogations”, explique-t-il. “Il y a par exemple des lycées dans lesquels le téléphone est nécessaire pour +biper+ à la cantine. Il reviendra donc au chef d’établissement d’adapter les choses à la réalité des pratiques et des usages, via le règlement intérieur”.
Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, s’est montré réservé sur le projet d’interdiction des portables au lycée, jugeant qu’il fallait d’abord tirer les leçons du dispositif mis en œuvre au collège, “notamment ce qui n’a pas marché, puisque l’interdiction n’est pas effective partout”.
“Le projet de loi du gouvernement est prêt, de manière à ce que le Parlement puisse en être saisi dès le mois de janvier comme l’a souhaité le président de la République”, indique encore Edouard Geffray à Ouest-France.
Le téléphone portable est déjà interdit de la maternelle au collège par une loi de 2018, mais celle-ci peine parfois à être respectée. Le dispositif “portable en pause”, expérimenté en 2024-2025 et officiellement généralisé depuis septembre dans les collèges, vise à renforcer son application en contraignant les élèves à le laisser dans des casiers, mallettes ou pochettes si nécessaire.
Au lycée, “il ne s’agira pas d’être derrière chaque élève. Ce qui compte, c’est de faire reculer l’addiction aux écrans”, estime M. Geffray, qui souligne le “décrochage de la capacité de concentration” des élèves ainsi que la baisse des interactions entre eux à l’intercours en raison des téléphones.