Une élection prochainementPierre Gramegna dans le trio de tête pour la présidence de l'Eurogroupe

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Alors qu'elle s'apprête à affronter la pire récession de son histoire, la zone euro se cherche un nouveau chef pour se donner un nouvel élan. Favoris, enjeux, calendrier, voici un état des lieux.
© SIP / JULIEN WARNAND

En juillet, l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances des membres de la zone euro, aura un nouveau président.

L’appel à candidature a démarré jeudi. Les prétendants auront jusqu’au 25 juin pour se faire connaître, a déclaré jeudi l’actuel président de l’Eurogroupe, le ministre portugais des Finances, Mario Centeno, dont le mandat de deux ans et demi se termine le 12 juillet.

Les 19 ministres des Finances des pays de la zone euro désigneront leur capitaine à la majorité simple.

Cette élection par vote électronique se tiendra “début juillet lors de la prochaine réunion par vidéoconférence des ministres”, selon M. Centeno.

La date du 9 juillet a été évoquée par le passé mais n’est pas encore confirmée car le même jour pourrait se tenir un sommet physique des dirigeants européens à Bruxelles -- le premier depuis la pandémie -- sur le plan de relance de l’UE.

LE RÔLE DE L’EUROGROUPE

Pendant la présidence du très pâle Centeno, l’Eurogroupe a vu son importance décroître, alors que ce cénacle était, lors la crise grecque, au centre de toutes les attentions, sous la houlette du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, puis du Néerlandais Jeroen Dijsselbloem.

En théorie, le chef de l’Eurogroupe a un rôle central: il préside les réunions mensuelles des ministres des Finances des pays ayant adopté la monnaie unique, dont l’objectif principal est d’assurer la coordination des politiques économiques nationales.

A ce titre, il doit être capable de trouver des compromis entre des grands argentiers du Nord, adeptes de la discipline budgétaire, et ceux du Sud, plus laxistes.

Sous Mario Centeno, les réformes pour approfondir la zone euro, escomptées par le président français Emmanuel Macron, comme la création d’un grand budget pour cette zone, sont restées inachevées.

Avec la grave crise économique qui se profile en Europe, son remplaçant aurait une bonne occasion de redonner de l’importance à ce cénacle, souvent critiqué pour son opacité.

Si le plan de relance de l’UE est du ressort des chefs d’Etat et de gouvernement, l’Eurogroupe pourrait servir de forum pour discuter plus en détail de l’architecture de la zone euro. “Mais il a maintenant besoin d’un bon président”, prévient Lucas Guttenberg, directeur adjoint du Centre Jacques Delors à Berlin.

GRAMEGNA DANS LE TRIO DE TÊTE

Trois noms circulent pour remplacer M. Centeno.

La ministre espagnole de l’Economie, Nadia Calvino. Si elle était élue, elle serait la première femme à présider ce cénacle. Agée de 51 ans, cette juriste et économiste de formation a travaillé à la Commission européenne à partir de 2006. Avant de devenir ministre, elle était directrice générale à la division budget de l’exécutif européen. L’an passé, son nom avait également été avancé pour la présidence du FMI. Elle n’appartient pas au parti socialiste espagnol mais elle est considérée comme “sociale-libérale”.

Le Luxembourgeois Pierre Gramegna, âgé de 62 ans, serait aussi sur les rangs. Candidat malchanceux face à Mario Centeno il y a deux ans et demi, il est ministre du Grand Duché depuis décembre 2013. Il a commencé sa carrière comme diplomate, notamment comme ambassadeur en Corée du Sud et au Japon. Entre 2003 et 2013, ce libéral dirigeait la Chambre de commerce du Luxembourg. S’il était élu, ce serait la deuxième fois en moins de dix ans qu’un Luxembourgeois serait à la tête de cette instance, Jean-Claude Juncker ayant occupé ce poste jusqu’à janvier 2013.

Troisième potentiel prétendant: l’Irlandais Paschal Donohoe, âgé de 45 ans, est depuis juin 2017 ministre des Finances. Auparavant, il faisait déjà partie du gouvernement à Dublin, chargé notamment du Transport et des Affaires européennes.

Après avoir étudié la politique et l’économie, ce conservateur-libéral a d’abord fait carrière au sein de la multinationale américaine de produits ménagers et d’hygiène Procter and Gamble. Comme M. Gramegna, il appartient à un pays opposé à une taxation européenne des géants du numérique.

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