BrexitMay annonce qu'elle démissionnera avant la prochaine négociation avec l'UE

RTL Infos
Theresa May a annoncé mercredi qu'elle démissionnerait avant la prochaine étape de négociation avec l'Union européenne.
© AFP

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mercredi aux députés de son Parti conservateur qu’elle démissionnerait avant la prochaine étape de négociation sur le Brexit, selon un communiqué de ses services.

Il y a le désir d’une nouvelle approche, d’un nouveau leadership” pour la prochaine phase des négociations du Brexit qui doit déterminer la future relation du Royaume-Uni avec l’UE, leur a-t-elle déclaré, selon ce communiqué. “Je n’y ferai pas obstacle”, a-t-elle ajouté.

En s’engageant ainsi à démissionner, Theresa May abat ce qui ressemble à sa dernière carte pour tenter de faire adopter le Traité de retrait de l’UE qu’elle a négocié pendant de longs mois avec Bruxelles.

Cet accord a déjà été rejeté à deux reprises par les députés britanniques, en janvier et à la mi-mars, poussant la dirigeante conservatrice à demander aux dirigeants de l’UE un report de la date du Brexit, fixé désormais au plus tôt au 12 avril.

LES PRÉTENDANTS

  • Boris Johnson, l’éternel rival:

L’ancien maire de Londres a été l’un des grands artisans de la victoire du Brexit au référendum de juin 2016, dont il tire encore aujourd’hui une grande partie de sa légitimité.

Nommé ministre des Affaires étrangères dans la foulée par Theresa May, il n’a cessé de lui savonner la planche en critiquant sa stratégie dans les négociations avec Bruxelles, avant de claquer la porte du gouvernement pour défendre une rupture nette avec l’UE.

Homme politique habile, charismatique et populaire, “Bojo”, 54 ans, a aussi une personnalité clivante qui lui vaut nombre d’inimitiés au sein du Parti conservateur. Et son bilan critiqué à la tête de la diplomatie britannique, lesté de nombreuses gaffes et d’une réputation de dilettantisme, ne plaide guère en sa faveur.

Il reste toutefois un favori des bookmakers.

  • Michael Gove, l’esprit félon:

Ministre de l’Environnement et pourfendeur des matières plastiques, cet eurosceptique de 51 ans a joué le rôle de caution pour les partisans du Brexit dans le gouvernement May.

Lieutenant de Boris Johnson pendant la campagne référendaire de 2016, Michael Gove lui avait retiré son soutien juste au moment où celui-ci s’apprêtait à briguer la tête du gouvernement, pour présenter sa propre candidature. Il avait finalement été éliminé au cours d’un vote des membres du parti.

A l’heure d’une nouvelle entrée en lice, il peut cependant apparaître comme un candidat de consensus grâce à la souplesse de ses positions.

  • Jeremy Hunt, un néo-Brexiter:

Âgé de 52 ans, le ministre des Affaires étrangères avait soutenu le maintien dans l’UE en 2016, avant de changer d’avis, déçu par l’approche “arrogante” de Bruxelles dans les négociations.

Ancien homme d’affaires parlant couramment le japonais, il s’est taillé une réputation de responsable ne craignant pas les défis, après avoir présidé pendant six ans aux destinées du service public de santé (NHS), confronté à une crise profonde, quand il était ministre de la Santé.

  • Dominic Raab, le jeune loup:

Nommé ministre du Brexit en juillet, Dominic Raab avait démissionné quatre mois plus tard, en désaccord avec Theresa May sur l’accord de retrait de l’UE conclu avec Bruxelles, le jugeant “mauvais pour notre économie et notre démocratie”.

Se voit-il à Downing Street ? “Il ne faut jamais dire jamais”, a récemment répondu ce député ultra-libéral de 45 ans, eurosceptique pur jus.

Troisième dan de karaté, ancien avocat spécialisé en droit international, il est l’une des figures de la nouvelle garde des conservateurs.

  • Sajid Javid, l’anti-Brexit:

Ancien banquier d’affaires et fils d’un chauffeur de bus pakistanais, Sajid Javid, 49 ans, est un cadre influent du Parti conservateur.

Nommé en avril 2018 à la tête du ministère de l’Intérieur, il est parvenu à imposer son style et à gagner le respect des parlementaires tories, qui lui savent gré de sa gestion du scandale “Windrush” - le traitement des immigrés d’origine caribéenne arrivés au Royaume-Uni après la Deuxième Guerre mondiale.

En février, Sajid Javid a néanmoins fait l’objet de critiques pour avoir déchu de la nationalité britannique une femme de 19 ans partie rejoindre le groupe jihadiste Etat islamique en Syrie en 2015 et ayant exprimé son désir de rentrer au Royaume-Uni.

Partisan du thatchérisme et du libre marché, cet ancien eurosceptique s’était prononcé contre le Brexit au moment du référendum.

Back to Top
CIM LOGO