
“Des Etats membres ont mis cela sur la table”, a déclaré Mme Kallas devant la presse, à la veille d’une réunion à Luxembourg des ministres des Affaires étrangères de l’UE.
L’Espagne a réclamé dimanche la rupture de cet accord d’association, ce qui requiert l’unanimité des 27 Etats membres de l’UE. La Commission européenne a également proposé une suspension partielle, en mettant entre parenthèses le volet commercial de l’accord, une décision qui peut être prise à la majorité qualifiée des pays de l’UE.
Interrogée sur ce point, la cheffe de la diplomatie de l’UE a souligné qu’il fallait d’abord “évaluer s’il (était) possible d’avancer” sur les mesures commerciales, “si les Etats membres souhaitent le faire, ce dont nous allons discuter demain demain (mardi)”.
L’UE est le principal partenaire commercial d’Israël.
La suspension de l’accord commercial a déjà été évoquée par les 27, mais sans aboutir à un accord faute de majorité, en raison des réticences de plusieurs Etats membres parmi lesquels l’Allemagne.
Mais la dégradation de la situation en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, ou l’offensive lancée par Israël au Liban ont incité plusieurs pays à remettre le sujet sur la table.
Une éventuelle suspension de l’accord pourrait être rediscutée après les frappes israéliennes “disproportionnées” au Liban et les exactions commises par les colons en Cisjordanie, avait ainsi déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères le 9 avril.
Madrid a de son côté réclamé dimanche la rupture de cet accord d’association, entré en vigueur en 2000, cosignant avec l’Irlande et la Slovénie une lettre à la Commission européenne, adressée vendredi, réclamant un “réexamen” de l’accord.
Les chefs de la diplomatie des 27 vont également rediscuter des sanctions contre des colons extrémistes en Cisjordanie, bloquées depuis des mois par un veto de la Hongrie.
“Je pense que la violence des colons et les activités des colons sont sans précédent. Nous n’avons jamais rien vu de tel auparavant”, a indiqué de son côté le Premier ministre palestinien, Mohammed Mustafa, au côté de Mme Kallas.
Plusieurs pays de l’UE espèrent un déblocage de la situation après la défaite électorale le 12 avril du Premier ministre hongrois, Viktor Orban.
“Je ne parlerai pas au nom du nouveau gouvernement, mais je pense certainement que nous pouvons examiner toutes ces politiques et voir s’ils ont une nouvelle approche”, a indiqué Mme Kallas.