Quarante millions d’euros pour les producteurs de vins français, et une suspension d’un an des taxes sur certaines importations d’engrais: le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a mis en avant dans un entretien à l’AFP, des mesures de soutien aux agriculteurs, avant sa visite mercredi au Salon de l’agriculture.
“Le secteur est sous pression pour beaucoup de raisons”, a souligné le responsable, à commencer par les maladies animales comme la dermatose nodulaire, “qui a frappé énormément notre secteur de l’élevage” et privé le Salon parisien de ses vaches pour la première fois de son histoire.
Mais aussi en raison “des pressions géopolitiques suite à la guerre en Ukraine”, sans oublier les droits de douane imposés par les Etats-Unis, ou la Chine.
Dans ce “contexte très compliqué”, le commissaire européen espère que comme lui, “beaucoup de visiteurs viendront aussi pour soutenir le secteur. Parce que le Salon de l’agriculture, c’est aussi une occasion de fêter et de soutenir notre secteur agricole”.
Le dirigeant n’arrive pas les mains vides à ce grand rendez-vous du monde agricole. M. Hansen a annoncé à l’AFP que l’Union européenne allait débloquer 40 millions d’euros pour soutenir la filière française du vin.
Cette enveloppe permettra de financer le recours à la “distillation de crise”, un mécanisme qui permet en cas de surproduction de convertir des stocks excédentaires de vin en alcool réservé à un usage industriel, le tout financé par l’UE.
“C’est une grande annonce pour le secteur du vin, on a libéré 40 millions d’euros de la réserve agricole, pour permettre à la France la distillation de crise, ce qui va enlever des volumes du marché” et aider à stabiliser les prix, a expliqué M. Hansen.
La filière française du vin avait demandé une telle mesure, tout en chiffrant de son côté ses besoins à 80 millions d’euros, face à une baisse tendancielle de la consommation hexagonale, couplée à un recul des exportations liée aux batailles commerciales avec les Etats-Unis et la Chine.
L’UE a annoncé en outre mardi la suspension pour un an des droits de douane sur les importations d’engrais azotés et de leurs matières premières, à l’exception de celles provenant de Russie et du Belarus.
De quoi concrétiser un engagement pris début janvier par Bruxelles, qui devrait faire économiser 60 millions d’euros aux agriculteurs et fabricants d’engrais européens.
Cela vise à répondre aux difficultés des cultivateurs de céréales ou de betteraves qui dénoncent l’envolée de leurs coûts de production, encore aggravée selon eux par l’entrée en vigueur cette année du mécanisme européen de taxe carbone aux frontières (MACF).
A ce propos, le commissaire à l’Agriculture dit réfléchir à “utiliser une partie des revenus du MACF pour dédommager nos agriculteurs”.