
Selon lui, aucun de ces migrants n’a atteint le continent européen, ce qui démontrerait que Madrid a "bien protégé" la frontière extérieure de l’Union européenne.
Luc Frieden a expliqué avoir exprimé sa solidarité au chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, estimant que l’Espagne avait assumé sa responsabilité en matière de contrôle des frontières. C’est pour cette raison que le Luxembourg n’a pas signé la lettre ouverte qui a circulé ce week-end et dans laquelle 22 des 27 États membres critiquent Madrid. Le Premier ministre juge ce texte "onfair", c’est‑à‑dire injuste.
Il a également pointé du doigt le rôle de certains pays à l’origine de cette initiative, menés selon lui par les Premiers ministres italien et danois, dont la vision de la politique migratoire européenne serait "moins européenne et moins favorable à Schengen" que celle du Luxembourg.
Pour Luc Frieden, la situation à Ceuta illustre une tendance plus large : certains États ne voient plus la valeur ajoutée d’une politique migratoire commune. Il rappelle pourtant que la protection des frontières extérieures est une responsabilité européenne qui ne peut être assumée par un seul pays. Il insiste sur la nécessité de lutter contre les réseaux de passeurs, de renforcer la coopération avec des pays tiers comme le Maroc, et de préserver le fonctionnement du système Schengen.
Le Premier ministre estime que la gestion de Ceuta montre qu’une collaboration efficace avec des États partenaires peut porter ses fruits. Il plaide pour des voies légales de migration et pour une coopération économique permettant aux populations de construire un avenir dans leur pays d’origine.
Mardi, le ministre luxembourgeois de l’Intérieur Léon Gloden participera à une visioconférence des ministres européens de l’Intérieur consacrée à la situation à Ceuta. Luc Frieden juge essentiel que le Luxembourg y réaffirme l’importance du système Schengen, qu’il considère comme l’un des acquis majeurs de l’Union européenne. Selon lui, Schengen ne peut fonctionner que si les frontières extérieures sont correctement contrôlées — ce qui, dans ce cas précis, aurait été assuré par l’Espagne.