Polluants éternelsL'Europe abaisse fortement le seuil maximal de TFA

RTL Infos avec AFP
Une agence sanitaire de l'UE a abaissé fortement la dose limite d'exposition à un polluant éternel omniprésent, le TFA.
© Pixabay

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a durci mercredi ses recommandations sur les doses admissibles de TFA, un polluant omniprésent dans l'eau, ce qui ouvre la voie à des contrôles plus stricts de l'eau potable sur le continent.

Ce composé est le plus petit et le plus persistant de la famille des PFAS, des polluants dits éternels car capables de rester des années ou des décennies dans l'environnement. Le TFA se forme lors de la dégradation des pesticides ou de certains gaz utilisés dans l'industrie.

Extrêmement persistant, on le retrouve dans les sols, les nappes phréatiques, les cultures agricoles, et in fine, dans l'eau potable et l'alimentation humaine. Lors d'une étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de la France (Anses), publiée en décembre 2025, il a été retrouvé dans 92% des échantillons d'eau.

Un seuil divisé par 3,5

Après avoir examiné de nouvelles données scientifiques, l'Efsa a fixé la nouvelle dose journalière admissible (DJA) pour les consommateurs à 0,014 milligramme par kilogramme de poids corporel et par jour. Ce seuil correspond à la quantité de substance qui peut être consommée quotidiennement tout au long de la vie sans présenter de risque notable pour la santé.

Cette nouvelle valeur est environ 3,5 fois plus basse que la précédente limite de 0,05 mg/kg, qui avait été établie en 2017 sur la base d'un ensemble de données alors considéré comme limité.

Pour justifier ce durcissement des normes sanitaires, l'Efsa s'appuie sur de récentes expérimentations animales qui ont mis en évidence des effets néfastes du composé sur le développement, la reproduction et surtout sur sur les niveaux de thyroxine, une hormone thyroïdienne qui joue un rôle important dans la régulation du métabolisme.

Des zones d'ombre sur la toxicité du TFA

L'institution sanitaire de l'Union européenne se veut toutefois rassurante sur d'autres aspects, concluant qu'il est peu probable que le TFA soit génotoxique, c'est-à-dire capable d'endommager l'ADN des cellules.

Les experts de l'agence soulignent que des zones d'ombre persistent en raison de l'absence de données sur la toxicité à long terme et le potentiel cancérogène.

Pour tenir compte de ce flou, l'agence a appliqué un facteur d'incertitude supplémentaire lors de ses calculs sur les seuils d'admissibilité.

Bien que ces nouveaux seuils soient en forte diminution et presque "deux fois inférieur au projet de DJA" que l'Efsa avait récemment "soumis à consultation", Hans-Peter Arp, professeur en chimie de l'environnement et spécialiste des PFAS, a indiqué à l'AFP qu'il "serait surpris si" ces seuils "n'étaient pas révisés à la baisse dans le futur".

L'expert pense que de nouvelles "données" concernant les "inquiétudes autour de l'immunotoxicité" ou "la perturbation endocrinienne" pourraient amener l'agence sanitaire à abaisser de nouveau ses seuils à l'avenir, d'autant que "la concentration de TFA dans l'alimentation va augmenter".

Pour la toute première fois, l'agence a défini une dose aiguë de référence (ARfD) pour le TFA, l'établissant à 0,07 mg/kg de poids corporel.

Cet indicateur évalue la quantité maximale de la substance qui peut être ingérée sans risque notable pour la santé sur une courte période, généralement en moins de 24 heures.

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