GroenlandLes Européens s'activent pour répondre aux menaces américaines

AFP
Le président français Emmanuel Macron et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni sont montés au créneau dimanche contre les menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump contre plusieurs pays européens s'opposant à ses velléités de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois.
Le président américain Donald Trump, le 16 janvier 2026 à Palm Beach, en Floride
Le président américain Donald Trump, le 16 janvier 2026 à Palm Beach, en Floride
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Emmanuel Macron a fait savoir dans la matinée qu’il comptait demander “l’activation de l’instrument anti-coercition” de l’UE en cas de nouveaux droits de douane américains sur les produits européens.

Cet outil, dont la mise en œuvre requiert la majorité qualifiée des pays de l’UE, permet, entre autres, le gel de l’accès aux marchés publics européens ou le blocage de certains investissements.

Giorgia Meloni, en déplacement à Séoul, a pour sa part affirmé avoir parlé à Trump pour lui notifier l’"erreur” que constituaient selon elle ces menaces de surtaxes, que le ministre néerlandais des Affaires étrangères, David van Weel, a aussi qualifiées d’"incompréhensibles” et d’"inappropriées”.

C’est du chantage. Ce qu’il (Trump) fait en ce moment est du chantage”, a asséné David van Weel dans l’émission télévisée WNL Op Zondag, tandis que son homologue irlandaise Helen McEntee a évoqué des menaces “totalement inacceptables et profondément regrettables”.

Compte tenu du contexte, nous estimons que cette polémique sur les tarifs douaniers est une erreur. Nous pensons qu’elle est profondément inutile et contre‑productive”, a déclaré de son côté la ministre britannique de la Culture, Lisa Nandy, à la BBC.

Depuis son retour au pouvoir il y a un an, le président américain parle régulièrement de prendre le contrôle de l’immense île située entre l’Amérique du nord et l’Europe, invoquant des raisons de sécurité nationale face aux avancées russes et chinoises en Arctique.

Il a encore haussé le ton samedi à la suite de l’envoi ces derniers jours de militaires européens sur l’île, dans le cadre de manœuvres danoises.

Des manifestants brandissent des pancartes
Des manifestants brandissent des pancartes
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Le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se sont rendus au Groenland dans un but inconnu. (...) Ces pays, qui se livrent à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable”, a écrit le président américain sur Truth Social.

Réunion d’urgence

Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk
Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d’afficher son intention de s’emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk
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Irrité par ce déploiement, Donald Trump a menacé de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu’à ce qu’”un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland”. Cette surtaxe, de 10%, sera effective à partir du 1er février et pourrait s’envoler à 25% au 1er juin.

Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d'afficher son intention de s'emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk
Manifestation pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump qui continue d’afficher son intention de s’emparer du Groenland, le 17 janvier 2026 à Nuuk
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Face à ces menaces, une réunion d’urgence des ambassadeurs de l’UE est prévue ce dimanche après-midi à Bruxelles.

Carte de l'Arctique montrant les bases militaires et les installations de l'Otan et de la Russie, ainsi que les routes commerciales maritimes
Carte de l’Arctique montrant les bases militaires et les installations de l’Otan et de la Russie, ainsi que les routes commerciales maritimes
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En parallèle, le ministre danois des Affaires étrangères a entamé dimanche une visite diplomatique en Norvège, au Royaume-Uni et en Suède, trois alliés proches et membres de l’Otan, afin de discuter du renforcement du rôle de l’Alliance dans la sécurité de la région arctique.

Lars Lokke Rasmussen sera à Oslo dimanche, avant de se rendre lundi à Londres et jeudi à Stockholm.

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump emploie l’arme des barrières commerciales tous azimuts dans les relations internationales, y compris avec les partenaires traditionnels de Washington. Mais il franchit là un pas inédit: les États-Unis, piliers de l’Otan, menacent leurs alliés de sanctions pour s’emparer d’un territoire rattaché à l’un de leurs partenaires, le Danemark, pays souverain et démocratique.

Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen, le 14 janvier 2026 à Washington
Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen, le 14 janvier 2026 à Washington
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Samedi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés, notamment à Copenhague et à Nuuk, la capitale du Groenland, pour dénoncer ces ambitions territoriales en scandant “le Groenland n’est pas à vendre”.

Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6% y sont favorables.

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