
Les prix de l’or noir ont connu lundi leur plus forte envolée en cours de séance depuis 1991 à la suite de l’attaque sur un site pétrolier de l’Arabie saoudite, qui a vu sa production brutalement divisée par deux.
Cette envolée anticipée du prix de l’essence pourrait nuire à l’économie mondiale en rognant le budget des consommateurs, estiment de nombreux experts.
“On peut s’attendre assez rapidement à une augmentation de l’ordre de 4 ou 5 centimes” parce que “les grandes sociétés répercutent au jour le jour l’évolution des prix sur le marché de Rotterdam sur l’essence et le gazole”, a déclaré Francis Duseux, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP). “Quand vous payez 1,50 euro sur un litre d’essence, vous avez à peu près 50 centimes de matières premières, de raffinage et de distribution”, le reste étant constitué de taxes diverses, a-t-il rappelé. C’est donc cette fraction d’environ un tiers du prix à la pompe qui suit l’augmentation des cours.
Or les cours du pétrole ont grimpé de 10% lundi matin, deux jours après des attaques contre des infrastructures pétrolières enArabie saoudite qui ont entraîné une réduction de moitié de sa production. Le manque à produire représente 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de l’approvisionnement mondial.
“Si cette hausse se maintient, même si ça n’est que de 5%, c’est sûr qu’il va y avoir une influence sur les prix, qui va être un peu modérée en fonction des concurrences locales parce que tout le monde se regarde. Mais comme la marge de manœuvre n’est vraiment pas grand chose, ça va se voir à la pompe”, juge pour sa part Francis Pousse, du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA).
Il estime toutefois “impossible” de prédire la hausse que subira l’automobiliste cette semaine. D’autant que, dans un contexte très volatil, les cours peuvent modérer leur hausse très rapidement ou au contraire flamber en cas d’embrasement militaire.
“Si cette envolée est un feu de paille et que ce soir on a déjà largement réduit le +10% (de hausse des cours) qu’on avait ce matin, la conséquence va être mesurée sur les prix à la pompe”, relativise M. Pousse.
En France, le sujet est d’autant plus sensible que c’est le prix des carburants qui avait déclenché à l’automne 2018 le mouvement des “gilets jaunes”, qui s’est ensuite étendu à d’autres revendications.