À la tribune de l'ONULa Russie accuse l'Europe de s'opposer à la paix en Ukraine

AFP
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé samedi l'Europe de s'opposer systématiquement aux projets de paix en Ukraine, contrairement selon lui à la position des Etats-Unis, après de nouvelles frappes meurtrières entre la Russie et l'Ukraine.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'exprime lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'exprime lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York.
© CHARLY TRIBALLEAU/AFP

"L'Europe fait tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer les discussions de paix souhaitées par le gouvernement Trump", a déclaré le ministre à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies.

Dans son discours au ton véhément, Sergueï Lavrov a assuré que Moscou atteindrait ses objectifs militaires en Ukraine "peu importe les circonstances".

"Les objectifs de l'opération militaire spéciale seront atteints, la menace à la sécurité russe sera éliminée, et la vie paisible reviendra", a-t-il déclaré.

Son discours survient après des frappes russes et ukrainiennes qui ont tué au moins seize personnes dans les deux pays, selon les autorités locales.

Moscou et Kiev ont intensifié leurs attaques ces derniers mois, au prix d'un nombre croissant de victimes civiles.

Des pompiers ukrainiens inspectent les dégâts sur un marché local à la suite d'une attaque de drone russe à Zaporijjia, le 26 septembre 2026.
Des pompiers ukrainiens inspectent les dégâts sur un marché local à la suite d'une attaque de drone russe à Zaporijjia, le 26 septembre 2026.
© DARYA NAZAROVA/AFP

Kiev a déclaré que les frappes russes avaient fait au moins six morts: dans le nord-est, à Soumy, à Zaporijia et dans la région de Dnipropetrovsk, où une adolescente de 17 ans figurait parmi les victimes.

Les autorités russes ont fait état de dix morts dans des frappes et attaques de drone ukrainiennes.

"Dangereuse escalade"

Avant son discours à l'ONU, Sergueï Lavrov avait rencontré son homologue allemand, Johann Wadephul, pour le premier entretien de ce genre depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, Berlin étant un soutien majeur de Kiev.

La rencontre a eu lieu dans un climat de vives tensions après que Berlin a accusé Moscou d'avoir envoyé un drone chargé d'explosifs sur l'aéroport de Leipzig début août. L'Allemagne et la Russie ont depuis fermé leurs consulats respectifs au sein des deux pays.

M. Wadephul a enjoint Moscou "à renoncer à la dangereuse voie de l'escalade à l'égard de l'Allemagne, de l'Europe et de l'Otan", selon des sources au sein de la délégation allemande.

Sergueï Lavrov (à gauche), ministre russe des Affaires étrangères, est assis en face de Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, lors d'une réunion en marge de la session de l'Assemblée générale des Nations unies.
Sergueï Lavrov (à gauche), ministre russe des Affaires étrangères, est assis en face de Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, lors d'une réunion en marge de la session de l'Assemblée générale des Nations unies.
© MICHAEL KAPPELER/dpa Picture-Alliance via AFP

Au cours de l'entretien, M. Wadephul a condamné, toujours selon sa délégation, "l'agression persistante et toujours plus ciblée de la Russie contre la population civile ukrainienne".

"Cette tentative de faire monter la pression ne change rien à la situation intenable de la Russie: chaque mois, des dizaines de milliers de soldats russes meurent dans une guerre de positions sans issue, tandis que l’économie russe s’effondre toujours davantage", affirme la diplomatie allemande.

Pour Berlin, soutien essentiel de l'Ukraine, la solution "évidente" au conflit est "la fin de l'agression russe, le retrait des troupes russes et un cessez-le-feu durable".

Sergueï Lavrov avait rencontré pour la dernière fois un ministre des Affaires étrangères allemand en janvier 2022, lorsqu'il avait échangé avec Annalena Baerbock moins d'un mois avant le début de l'invasion de l'Ukraine.

Dans son discours à la tribune de l'ONU, le ministre russe s'en est pris notamment à Berlin.

Selon lui, "une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU ne peut pas comprendre des sièges supplémentaires alloués aux pays occidentaux, particulièrement l'Allemagne et le Japon, qui sont désormais sur la voie du militarisme".

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