
"Le retour des habitants à leurs domiciles peut commencer" à partir de 17H00 heure locale, a précisé à l'AFP le ministère de l'Intérieur après la publication de l'ordre d'évacuation pour 13 communes de la région de Madrid et celle voisine de Castille-et-Léon touchées par les pires incendies de l'histoire du pays.
À un barrage de police à l'approche des villages évacués de Chapineria et Navas del Rey, à l'ouest de Madrid, plus de 20 voitures faisaient la queue en attendant d'y retourner après cette annonce, a constaté un journaliste de l'AFP.
A Pelayos de la Presa, le maire Antonio Sin a expliqué à l'AFP les "priorités" : "faire revenir ceux qui sont partis, absents depuis de nombreux jours et épuisés", reloger ceux qui ont perdu leur maison, reconstruire le village.
"Nous avons été en guerre contre le feu", a raconté M. Sin, se souvenant d'"un incendie épouvantable, d'une brutalité extrême, un monstre qui nous a balayés".
Mais le travail titanesque des pompiers et des militaires dans des moments "très difficiles" est en train de payer, et le Premier ministre entrevoit "la lumière au bout du tunnel".
Le front le plus critique, au nord du lac artificiel de San Juan à 70 kilomètres à l'ouest de la capitale, préoccupe encore les autorités.
Une nouvelle vague de chaleur arrive en Espagne et doit durer jusqu'à au moins dimanche, selon l'Agence météorologique nationale (Aemet), qui a alerté sur des risques "extrêmes" d'incendies.
Cet incendie de la "Sierra de l'ouest", près de Madrid, qui fusionne avec le gigantesque brasier d'Ávila en Castille-et-León, est dévastateur. "La nuit, c'est un chaton endormi, mais pendant la journée, il peut se transformer en un lion redoutable", a décrit devant des journalistes Fernando Casado, maire de Robledo de Chavela.
Ce feu de forêt "le plus important" de l'histoire récente de l'Espagne, selon le gouvernement, a déjà ravagé en tout environ 77.000 hectares, a précisé M. Grande-Marlaska, soit sept fois la superficie de Paris, et 63.000 personnes ont été évacuées.
Et le vent commençait à tourner mardi, un souffle plus chaud venu du Sud. En conséquence, "tout ce qui n'aura pas pu être contenu pourrait bien compliquer à nouveau la situation", redoutait le délégué du gouvernement dans la région de Madrid, Francisco Martín Aguirre.
Sur le terrain, les arbres bordant la route entre les villages d'Aldea del Fresno et de Chapinería n'ont pas résisté à la virulence des flammes : les troncs calcinés et la végétation brûlée, recouverte de cendres, témoignaient mardi matin de la violence de l'incendie, a constaté un journaliste de l'AFP.
Seuls quelques feuilles encore vertes ont échappé au feu au milieu de paysage autrefois luxuriant, et désormais calciné.
A Chapinería, vidé de ses habitants depuis plusieurs jours, les rues étaient désertes mardi matin. La zone industrielle a été durement touché, et un garage a été complètement brûlé, la porte en tôle s'est effondrée et le toit est noirci.
Mais les habitations ont été épargnées, les flammes ont léché les clôtures grillagées des maisons, où l'herbe des jardins restait verte.
Selon le ministre de l'Intérieur, depuis le début de l'année, les incendies ont déjà réduit en cendres 175.000 hectares en Espagne, pays en première ligne du réchauffement climatique.
A l'ouest du pays, des incendies près de Valence ont fait un mort et plus de 7.000 hectares ont déjà brûlé, d'après les autorités.
Au Portugal voisin, plusieurs incendies se sont déclarés lundi dans les régions de Santarem, Guarda, Braga et Bragança.
En France, où sévissent plusieurs feux à la fois, le retour de la chaleur et l'arrivée d'un vent plus sec font aussi craindre une aggravation de la situation. Au total, 42.000 hectares sont déjà partis en fumée dans la région de Bordeaux.