
“Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Juste après cette déclaration, le baril de Brent, la référence internationale du pétrole, déjà en forte hausse en début de séance, a dépassé les 90 dollars pour la première fois depuis avril 2024.
Vers 14H30 GMT (15H30 à Paris), le Brent montait de 6,15% à 90,66 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 9,09% à 88,37 dollars.
Depuis le début du conflit, plusieurs infrastructures énergétiques ont subi des attaques et le blocage du détroit d’Ormuz, par où transite environ 20% de la production mondiale d’or noir, cause des problèmes d’approvisionnement sur les marchés mondiaux.
“Chaque jour où le détroit d’Ormuz reste fermé, le marché pétrolier se tend davantage”, explique à l’AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
De plus, les capacités de stockage des pays du Golfe étant limitées, “si la situation ne se résout pas rapidement, nous assisterons bientôt à une rationalisation de la production de pétrole brut et à une nouvelle réduction de l’activité des raffineries, en particulier en Asie et au Moyen-Orient”, prévient Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler.
L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont en mesure de contourner partiellement le détroit, mais “même avec ces options de contournement, environ 8,7 millions de barils par jour” sont bloqués, note M. Falakshahi.
A cause de ces perturbations qui pourraient durer, “les acheteurs cherchent à sécuriser des barils de substitution”, ce qui “amplifie” la hausse des prix, précise M. Staunovo.
Pour prévenir d’éventuelles pénuries, la Chine a aussi demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d’essence, selon l’agence Bloomberg.
Et le gouvernement américain a autorisé jeudi, et pour un mois, la livraison de pétrole russe sous sanction vers l’Inde, alors que le conflit au Moyen-Orient touche directement les approvisionnements de New Delhi.
Les produits raffinés “tels que le diesel et le kérosène ont connu une augmentation de prix bien plus importante” que le brut jusqu’à présent, souligne en outre Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.