
Les premiers bureaux de vote ouvriront à 06H00 heure locale (11H00 GMT) dans de nombreux États de la côte est. Signe de l'enjeu de ces élections, près de 58 millions d'électeurs ont déjà voté par anticipation, un record pour des "midterms".
Chez les démocrates, l'espoir d'une "vague bleue" (leur couleur), et même d'un "tsunami", persiste au vu des sondages qui prévoient leur victoire à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée mardi.
Selon le dernier sondage du New York Times réalisé avec le Siena College et publié le 1er novembre, les démocrates abordent la dernière ligne droite dans une position favorable, non seulement pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, où l'ensemble des sièges est renouvelé, mais aussi dans la bataille beaucoup plus serrée pour le Sénat.
Alors que 35 des 100 sièges de la chambre haute sont en jeu, l'enquête place désormais les candidats démocrates en tête dans la plupart des États décisifs appelés à déterminer la future majorité : le Michigan, le Kansas, le Texas, le Maine et l'Ohio, avec également une légère avance en Alaska et dans l'Iowa. Si ces projections se confirmaient, elles marqueraient un revers historique pour les républicains. Jamais un parti n'a en effet enregistré d'aussi bonnes performances simultanément dans un aussi grand nombre d'États traditionnellement ancrés dans le camp adverse.
Cette dynamique est également observée par la plateforme de marchés prédictifs Polymarket, qui attribue aux démocrates 96 % de chances de reprendre la Chambre des représentants et 75 % de remporter le contrôle du Sénat. Un résultat inédit et impensable encore il y a un an.
Depuis, Donald Trump a déclenché une guerre contre l'Iran, échoué à faire baisser le coût de la vie, et est attaqué par l'opposition qui dénonce son enrichissement personnel depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.
"J'ai tenu plus de promesses que je n'en ai fait", a toutefois déclaré le président républicain à Washington lundi dans son discours final avant le scrutin.
Dans cette allocution décousue, le milliardaire de 80 ans a passé plus de temps à évoquer ses projets monumentaux dans la capitale américaine que les élections du lendemain.
Un discours qualifié de "pathétique" par le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, qui y voit un symbole de la déconnexion de Donald Trump avec la réalité des Américains.

Historiquement, le parti qui occupe la Maison Blanche perd du terrain au Congrès lors des "midterms", souvent vues comme un référendum sur le président.
Le contrôle de la Chambre donnerait aux démocrates plus de poids sur le budget fédéral, mais aussi la possibilité de lancer des enquêtes parlementaires, notamment sur des accusations de corruption envers Donald Trump et ses proches.
Un Sénat à majorité démocrate pourrait bloquer les nominations par le président, en particulier en cas de vacance à la Cour suprême.
Mais s'ils abordent ces élections en position de favoris, l'heure reste à l'optimisme prudent chez les démocrates, échaudés par des sondages qui ont eu tendance à sous-estimer la mobilisation de la base trumpiste par le passé.
Jusque dans les dernières heures de la campagne, le mot d'ordre était à la mobilisation, comme pour Jane Callum, rencontrée par l'AFP en banlieue d'Atlanta en pleine opération de porte-à-porte pour le sénateur démocrate Jon Ossoff, candidat à sa réélection en Géorgie (sud-est).

"Je sens véritablement une obligation de faire tout ce que je peux pour changer la direction que prend notre pays en ce moment, et de le mettre davantage sur le chemin de la démocratie", a expliqué cette enseignante à la retraite de 77 ans.
Côté républicain, le ton s'est avéré plus maussade dans les jours précédant l'élection.
"Je n'exagère pas quand je dis que si nous perdons le Texas, nous perdons l'Amérique", s'est ainsi alarmé dimanche le candidat républicain au Sénat, Ken Paxton, lors d'un rassemblement à San Antonio.
Quels que soient les résultats mardi, ces élections marqueront le début de la fin de la carrière d'homme d'État de Donald Trump, mais aussi le début de la course effrénée, chez les républicains comme chez les démocrates, pour lui trouver un successeur en 2028.