
Les pompiers utilisent un lexique bien précis pour décrire la progression d'un feu et rendre compte de leurs interventions.
Tour d'horizon du vocabulaire des incendies.
Fixé : la progression est stoppée au niveau de la tête du feu (dans l'axe du vent) mais pas sur ses flancs et son intensité n'a pas forcément baissé. Il peut y avoir des reprises de flammes mais le feu ne va plus s'étendre de manière considérable et ne nécessite pas l'envoi d'engins supplémentaires.
Contenu : le feu n'est plus actif en termes de progression. Le terme est plus utilisé pour des feux en milieu urbain et sous-tend que le feu ne touchera pas, par exemple, les bâtiments adjacents.
Maîtrisé : les flammes les plus importantes sont rabaissées, le feu est sous contrôle des pompiers.
Circonscrit : le feu est cerné par les pompiers, qui peuvent alors le "noyer" notamment avec de l'arrosage abondant pour venir à bout des points encore incandescents, parfois en grattant le sol pour arroser en profondeur. Pour les feux de végétation en particulier, il existe plusieurs strates de feu, qui peut continuer de couver en sous-couche de sol sans être visible pour autant.
Éteint : il n'y a plus de braise ni de fumerolles. Les pompiers ne quittent pas pour autant le site et poursuivent les reconnaissances et la surveillance.
Hectares parcourus ou hectares brûlés : un incendie peut parcourir 600 hectares mais n'en brûler (ou détruire) qu'une centaine. Les flammes, poussées par le vent sans se fixer, peuvent très bien ne faire que lécher une zone. C'est pourquoi il arrive, dans les gros incendies, que le bilan final des surfaces brûlées soit réduit par rapport aux estimations en cours de feu.
Pour quantifier les surfaces brûlées à partir des données satellitaires, le système européen Effis utilise un seuil de destruction de la végétation, à partir des émissions infrarouge caractéristiques des plantes et des arbres, croisé avec des données sur la géographie.
Noyage : afin d'éteindre définitivement les derniers foyers, la zone parcourue par le feu est abondamment "mouillée".
Mouillant: produit ajouté à l'eau pour favoriser son taux de pénétration dans les végétaux.
Retardant : substance rouge posée sur les végétaux pour ralentir la progression du feu. Sa couleur permet aux pompiers de savoir quelles zones ont été aspergées.
Groupe d'intervention feux de forêt (GIFF) : équipe constituée de quatre camions citernes.
Colonne de renfort feux de forêt : composée d'un véhicule de commandement et de soutien et de trois GIFF, représentant en moyenne 70 sapeurs-pompiers, selon le ministère de l'Intérieur. Elles sont actuellement 51, soit 3.500 sapeurs-pompiers et sapeurs-sauveteurs et plus de 700 véhicules d'intervention spécifique, et sont déployées en appui aux effectifs locaux.
Détachement d'intervention héliporté (DIH): pompiers héliportés vers des zones inaccessibles par la route.
Canadair (du nom de la firme canadienne qui a mis au point l'appareil) : avion bombardier d'eau amphibie qui s'approvisionne sur un plan d'eau douce ou en mer. Il transporte jusqu'à 6.000 litres d'eau. La France en compte 12 actuellement.
Dash : avion bombardier pouvant transporter eau ou retardant. Il est utilisé pour le transport de matériel et de personnels. Il se ravitaille à terre, dans un "pélicandrome". Son réservoir peut contenir jusqu'à 10.000 litres d'eau. Il y en a 22, dont 17 permanents, essentiellement dans le sud de la France. Ils sont basés sur un aéroport ou un aérodrome.
Beechcraft : avion effectuant des missions de reconnaissance pour analyser et rendre compte de la situation afin de pouvoir décider des moyens aériens à déployer.
Hélicoptère bombardier d'eau : il transporte entre 1.000 et 1.500 litres d'eau, pour certains dans un réservoir ou dans une "poche" suspendue à un câble.
Comme en 2025, deux Canadair et un hélicoptère bombardier d'eau lourd ont été prépositionnés en Corse, un Dash et six avions bombardiers d'eau légers à Bordeaux.