Face aux menaces américainesEn Iran, l'armée assure être "plus forte" qu'au début de la guerre

AFP
L'armée iranienne a assuré samedi être "plus forte" qu'au début de la guerre au Moyen-Orient, se disant prête à répondre à toute attaque de manière "immédiate" et "sans limite géographique" après de récentes menaces américaines.
Une image diffusée par l'US Navy montre la préparation au catapultage d'un F-35 Lightning II sur le pont du porte-avions américain USS George Washington déployé au Moyen-Orient, le 30 octobre 2026
Une image diffusée par l'US Navy montre la préparation au catapultage d'un F-35 Lightning II sur le pont du porte-avions américain USS George Washington déployé au Moyen-Orient, le 30 octobre 2026
© US NAVY/AFP

Si les tractations diplomatiques pour éviter une reprise des hostilités se sont récemment intensifiées, Donald Trump laisse planer la perspective de nouveaux bombardements sur la République islamique.

"Les forces armées de la République islamique sont aujourd'hui en état d'alerte plus élevé et plus puissantes qu'elles ne l'étaient au début de la guerre", a déclaré le porte-parole de l'armée, Mohammad Akraminia, cité par l'agence officielle Irna.

"Sur ordre du Guide suprême, toute riposte des forces armées sera immédiate, efficace et sans limite géographique", a-t-il ajouté.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la télévision d'État iranienne a encore fait part de deux explosions sur l'île de Qeshm, l'agence Tasnim évoquant de son côté deux missiles qui l'auraient frappée.

Sans confirmer, l'armée iranienne, citée par les médias iraniens, a peu après indiqué avoir détruit un drone militaire américain sur cette île située dans le détroit d'Ormuz.

Cette dernière avait déjà été ciblée par des frappes limitées dans la nuit de lundi à mardi, juste avant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis qui se se sont traduites par un cinglant revers pour Donald Trump.

"Nous procédons à des frappes mineures", a encore reconnu le président américain vendredi soir, sans préciser s'il parlait de nouvelles attaques ou de celles du début de semaine.

Tractations

Le républicain a reconnu que la guerre au Moyen-Orient, qui a fait flamber les prix de l'énergie depuis son lancement fin février, expliquait en partie la victoire des démocrates, tout en assurant que c'était "la seule solution": "On ne peut pas laisser l'Iran avoir l'arme nucléaire", a-t-il jugé mardi soir.

Le président américain Donald Trump parle aux journalistes à son arrivée à l'aéroport de Palm Beach, en Floride, le 6 novembre 2026
Le président américain Donald Trump parle aux journalistes à son arrivée à l'aéroport de Palm Beach, en Floride, le 6 novembre 2026
© AFP

L'armée américaine a annoncé vendredi offrir une récompense de 20 millions de dollars "et un possible déménagement" à toute personne lui apportant des informations sur le programme nucléaire iranien. Téhéran a toujours nié vouloir se doter de l'arme atomique, défendant son droit au nucléaire civil.

Après une série de récentes menaces israélo-américaines, les tractations diplomatiques pour éviter une reprise des hostilités se sont récemment intensifiées sous l'égide du médiateur qatari.

Donald Trump s'est entretenu vendredi avec l'émir du Qatar, tandis que le chef de la diplomatie iranienne a lui multiplié les appels cette semaine avec ses homologues du Golfe.

Enjeu clé des discussions : le contrôle du détroit d'Ormuz, où l'Iran affirme régulièrement que des navires sont détruits par des mines.

Le porte-parole militaire a répété samedi que les forces iraniennes ne débloqueraient ce passage stratégique pour le commerce d'hydrocarbures que si les États-Unis acceptaient les conditions posées par Téhéran.

L'Iran s'est déjà dit prêt à rouvrir Ormuz si Washington acceptait une série de mesures telles un cessez-le-feu sur l'ensemble des fronts dans la région, un dégel de ses avoirs détenus à l'étranger, la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu'à la fin du blocus naval américain contre ses ports. Les États-Unis ont jusqu'à présent refusé.

Sans clarté sur la stratégie du président américain envers la République islamique après la déroute électorale de mardi, le guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a depuis averti que le conflit au Moyen-Orient s'étendrait si les États-Unis reprenaient leurs frappes contre la République islamique.

Mais il a écarté toute perspective de changement de politique américaine, estimant que ceux qui l'espéraient "se trompaient lourdement".

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