
C’est une situation “très sérieuse”, pas seulement à cause de la situation en Iran en tant que telle, mais aussi à cause des répercussions pour l’Union européenne. Deux drones ont été abattus au‑dessus de Chypre, par exemple, a souligné le commissaire luxembourgeois.
“Nous devons également nous préparer au fait que d’autres lieux pourraient peut-être être visés, soit directement par un instrument militaire, mais il ne faut pas non plus exclure des attaques terroristes. Je pense que cela signifie que nous devons vraiment renforcer notre vigilance, nous devons aussi bien contrôler notre espace aérien, car les drones qui sont actuellement utilisés sont évidemment difficiles à intercepter et à détecter.” Concernant le risque de possibles attaques terroristes, il ne faut “pas surdramatiser”, selon le commissaire européen, mais tout de même “faire son travail”.
En plus du problème de sécurité, il y a aussi “tout l’aspect économique qui y est lié, et qui pourrait nous faire extrêmement mal”, avertit Christophe Hansen. En effet, l’Iran attaque actuellement aussi des navires marchands dans le détroit d’Ormuz, entre l’Iran et Oman, dans le Golfe persique, un passage par lequel transitent environ 20 % du transport pétrolier mondial. En ce moment, quelque 3.200 navires y sont bloqués, dont environ 200 battant pavillon européen. Les attaques iraniennes y constituent un danger, mais aussi celles menées par les rebelles houthis du Yémen. Là aussi, il faut s’attendre à de lourdes conséquences économiques.
“Il s’agit bien sûr, d’une part, du pétrole — 8 % de notre consommation dans l’Union européenne passe par ce goulot d’étranglement — mais aussi du gaz liquéfié, le LNG, qui y transite également. Nous avons certes des alternatives, mais malgré cela, une hausse des prix se fait déjà sentir, y compris pour le LNG, qui a déjà très sensiblement augmenté.”
La situation a aussi des répercussions sur l’agriculture :
“Lorsque les coûts de l’énergie augmentent, les prix augmentent bien sûr aussi. Et puis, il y a également d’autres additifs, comme l’acide urique ou l’ammonium, qui transitent eux aussi par ce détroit. Ceux‑ci sont désormais bloqués. Cela signifie que les prix des engrais sont directement impactés”, ajoute encore Christophe Hansen.