Alerte au NépalDe nouvelles inondations redoutées, au moins 472 morts

AFP
Les secours népalais tentaient vendredi d'évacuer plus d'une centaine d'ouvriers prisonniers d'un tunnel sur le chantier d'un barrage hydroélectrique depuis la crue qui a fait au moins 472 morts mercredi à la frontière du Népal et de la Chine, a-t-on appris auprès de l'armée.
Un membre des forces de sécurité et son chien recherchent des survivants à la suite des inondations à Trishuli au Népal, le 27 août 2026
Un membre des forces de sécurité et son chien recherchent des survivants à la suite des inondations à Trishuli au Népal, le 27 août 2026
© AFP

"Nous avons eu l'information que des personnes sont coincées dans un tunnel" du site de construction du barrage de Trishuli, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée, Raja Ram Basnet.

"Deux hélicoptères ont été dépêchés sur place mais il reste très difficile de localiser les entrées du tunnel", a-t-il ajouté.

Les services du Premier ministre népalais ont précisé que 350 ouvriers et habitants du secteur avaient déjà été évacués de ce secteur par l'armée "dans des conditions très risquées et rendues difficiles par les conditions météo et la crue".

"L'armée est toujours à l'œuvre pour tenter d'évacuer plus d'une centaine d'autres personnes encore coincées dans un tunnel", ont-ils ajouté.

Plusieurs barrages sont en construction dans ce secteur.

"Il y avait au moins 400 ouvriers sur le site" du chantier, a confié jeudi à l'AFP l'un des ouvriers évacués du site par hélicoptère, Dev Shrestha. "Il y a probablement plus de morts que de personnes évacuées", a-t-il estimé.

Alerte aux inondations

La police népalaise a lancé vendredi une alerte aux inondations après avoir été informée de la rupture sur le territoire chinois du Tibet d'un lac créé par l'effondrement du glacier à l'origine il y a deux jours de la crue dévastatrice qui a déjà fait près de 500 morts.

"Nous avons été informés de la rupture d'un lac sur le versant tibétain", a déclaré la police sur X, "nous demandons à toutes les équipes de sécurité et de sauvetage et au public de rester en alerte et de se mettre immédiatement en lieux sûr et de rapporter tout éventuel incident".

"Risque élevé" de rupture

Dans la nuit de jeudi à vendredi, la Chine a averti d'un "risque élevé" de rupture d'un lac formé à la suite de la gigantesque mer de boue qui s'est libérée mercredi des deux côtés de la frontière, dans cette zone montagneuse prisée des touristes du monde entier.

Selon l'agence Chine Nouvelle, la retenue d'eau, apparue près de Gyirong, localité frontalière avec le Népal, pourrait atteindre trois millions de mètres cubes dans les trois prochains jours en raison de pluies continues. Elle "présente un risque élevé de rupture et de débordement, pouvant entraîner une crue importante en aval", a ajouté cette source. 

Le ministère chinois des Ressources en eau a donné pour instruction aux autorités locales de surveiller de près la masse d'eau et les précipitations, et d'identifier les personnes vivant dans les zones susceptibles d'être touchées, toujours selon Chine Nouvelle.

Jeudi déjà, le gouvernement népalais avait multiplié les mises en garde contre une possible deuxième crue à cause du lac formé par l'effondrement du glacier qui semble à l'origine de la catastrophe.

"Il semble que le flot de la rivière Lhende soit encore obstrué en amont" par le bloc de glace qui s'est effondré, a relevé l'autorité de gestion des situations d'urgence. "A cause du risque de nouvelle inondation, toutes les populations en aval sont priées de rester extrêmement vigilantes", a ajouté l'institution.

Image satellite publiée par Vantor le 27 août 2026 montrant le village de montagne de Syapru dans le district de Rasuwa dans le nord du Népal
Image satellite publiée par Vantor le 27 août 2026 montrant le village de montagne de Syapru dans le district de Rasuwa dans le nord du Népal
© Satellite image ©2026 Vantor/AFP

Extrême vigilance

Le puissant mur d'eau et de boue qui a submergé mercredi matin une région frontalière entre le Népal et le Tibet en territoire chinois a balayé des villages entiers et coûté la vie à 389 personnes côté népalais, selon la police locale, et à 3 autres dans le territoire chinois voisin du Tibet.

Au cœur de l'Himalaya, cette région du Népal est très prisée des randonneurs et alpinistes du monde entier, notamment pour gravir le mont Everest. Des centaines de touristes figurent parmi les disparus.

Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), la vague a été causée par l'effondrement d'une partie d'un glacier, d'une violence telle qu'il a été enregistré comme un séisme de magnitude 5,2 et a causé de nombreux glissements de terrain.

Au Népal, elle a balayé la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale.

Côté chinois, où les journalistes étrangers n'ont pas accès, les médias d'Etat chinois ont rapporté jeudi que 558 personnes, dont 260 étrangers, étaient toujours disparues après le passage des "torrents de boue" qui ont enseveli Gyirong Port.

Ils ont précisé jeudi matin que 555 touristes bloqués avaient été évacués de zone, ainsi que 499 résidents.

Vue aérienne de Devighat, après des inondations meurtrières le 27 août 2026 au nord de Katmandou au Népal, à la frontière avec le Tibet
Vue aérienne de Devighat, après des inondations meurtrières le 27 août 2026 au nord de Katmandou au Népal, à la frontière avec le Tibet
© AFP

Parmi les quelque 1.400 disparus, au total côté népalais et chinois, figurent 178 Indiens et des dizaines d'Ukrainiens, Malaisiens, Britanniques, Canadiens ou Australiens, selon le bureau du tourisme népalais. A Washington, le département d'Etat a fait état de 90 Américains manquant à l'appel.

L'aide internationale, sous forme de secouristes, de matériel médical, de nourriture ou encore de sacs mortuaires s'organise mais reste limitée au vu de l'ampleur de la catastrophe.

Cette dernière a suscité de nombreuses réactions dans la région et à travers le monde. Le Dalaï Lama a offert jeudi ses "prières" aux victimes, le pape Léon XIV s'est dit "profondément attristé" et le roi Charles III "bouleversé" par la catastrophe.

Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud.

Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.

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