CoronavirusCes médicaments seraient déconseillés si vous êtes infecté

Romain Van Dyck
Les anti-inflammatoires ne devraient pas être pris en cas d'infection au Coronavirus, a prévenu le ministre français de la santé, même si le sujet fait polémique.
Les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène et la cortisone pourraient être des facteurs d'aggravation du coronavirus!
Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène et la cortisone pourraient être des facteurs d’aggravation du coronavirus!
© Image d’illustration

L’alerte est importante pour ceux qui pratiquent l’automédication face aux symptômes du coronavirus Covid-19: la prise de médicaments anti-inflammatoires “pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection” chez les malades du coronavirus, a prévenu samedi le ministre de la Santé Olivier Véran sur son compte Twitter.

"La prise d’anti-inflammatoires (ibuprofène, cortisone...) pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection. En cas de fièvre, prenez du paracétamol. Si vous êtes déjà sous anti-inflammatoires, ou en cas de doute, demandez conseil à votre médecin

”, a indiqué le ministre.

L’ibuprofène, vendu sous ce nom et diverses appellations commerciales (comme l’Advil et le Nurofen), fait partie de la famille dite des “AINS” (anti-inflammatoires non-stéroïdiens), des médicaments qui peuvent aggraver des infections déjà existantes, avec de grosses complications éventuelles.

Pour cette raison, ils ne sont plus vendus en libre service dans les pharmacies françaises depuis le 15 janvier 2020, après une mise en garde de l’ANSM. Il en est de même pour les médicaments contenant du paracétamol (Doliprane, Efferalgan, etc) et l’aspirine.

UN EFFET “BOOSTER” POUR LE CORONAVIRUS

Les anti-inflammatoires ont un effet immunosuppresseur”c’est-à-dire qui inhibe l’activité du système immunitaire –qui favorise les infections. Ils ont un effet ‘booster’”, explique à France Info Alexandre Bleibtreu, médecin infectiologue à la Pitié-Salpêtrière à Paris.

En revanche, le paracétamol n’agit pas sur les mêmes voies que les anti-inflammatoires non stéroïdiens”, et ne présente donc pas les mêmes risques, poursuit-il. “Les seuls effets secondaires sont dans le cas de pathologies hépatiques et de dépassement des doses recommandées.”

POLÉMIQUE EN ALLEMAGNE

L’annonce a fait polémique et certains médias ont contesté cette mise en garde, parlant même de Fake News et citant un démenti de l’Université médicale de Vienne. Mais une méprise serait à l’origine de cette polémique, affirme le journal Heidi.news, qui explique que le démenti porte “sur une affirmation erronée, qui a largement circulé sur Whatsapp en Allemagne ces derniers jours, comme quoi l’Université médicale de Vienne aurait découvert que le recours à l’ibuprofène favorisait la survenue de cas sévères de Covid-19. L’Université s’est désolidarisée de cette affirmation par un tweet.

Gare cependant à l’arrêt de ces produits dans certaines pathologies chroniques: ils peuvent être indispensables. Il convient donc, si votre médecin vous a prescrit AINS ou cortisone, de ne pas les arrêter sauf avis contraire de sa part. “Le bon message est pas d’automédication mais pas d’arrêt brutal de ces traitements pour des pathologies chroniques dès qu’il n’y a pas de fièvre ou de signes respiratoires”, avertissait ainsi en début d’après-midi, sur Twitter, le chef du pôle urgence et du Samu du CHU de Lille, Patrick Goldstein.

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