
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a annoncé samedi soir la mise en quarantaine quasi-totale de l’Espagne dont les habitants ne pourront sortir de chez eux que pour aller travailler ou d’autres raisons de première nécessité comme acheter à manger.
Cette mesure drastique rentre dans le cadre de l’état d’alerte décrété pour quinze jours dans le pays, le deuxième plus affecté en Europe par l’épidémie avec plus de 7753 cas.
En outre, l’exécutif pourra également:
- Limiter la circulation des personnes et des véhicules.
- Réquisitionner certains biens de manière temporaire.
- Limiter ou rationner l’usage de services ou de biens de consommations de première nécessité
- Faire en sorte que les marchés soient approvisionnés.
L’état d’alarme peut être décrété en cas de catastrophe naturelle ou non, d’épidémies comme c’est le cas aujourd’hui ou de paralysation des services publics. Ou encore de pénurie grave de biens de première nécessité.
L’état d’alerte, annoncé vendredi pour 15 jours, permet notamment au gouvernement de limiter la circulation des personnes et de réquisitionner tout type de biens.
Deuxième pays le plus touché en Europe après l’Italie, l’Espagne a vu les cas de coronavirus multipliés par dix depuis dimanche.
Selon un dernier bilan publié samedi à la mi-journée, le nombre total de cas dans le pays a atteint 7753, soit plus de 2000 de plus que samedi.
En y ajoutant les décès annoncés depuis ce bilan par la région de Madrid, au moins 288 personnes sont mortes contre 121 vendredi soir.

La région de la capitale espagnole est de loin la plus touchée avec près de 3.000 cas.
Les autorités régionales y ont décrété jusqu’au 26 mars la fermeture de tous les commerces non essentiels.
Si, dans les supermarchés, les Madrilènes continuaient à faire des réserves et à laisser les rayons à moitié vides, les rues et les places comme la célèbre Puerta del Sol étaient désertes.
“C’est désolant alors que nous sommes si habitués à y voir la foule”, a déclaré à l’AFP Paco Higueras, employé d’une chaîne de restauration, masque sur la bouche et ganté.
Les parcs pour enfants y ont également été fermés.
Au delà de Madrid, tout le pays était à l’arrêt, les autorités ayant demandé aux citoyens de se déplacer le moins possible.
A Barcelone, deuxième ville du pays, les passants étaient rares dans la rue et le plus souvent avec des courses à la main.
La fermeture des écoles a été décrétée par toutes les régions tandis que musées, lieux touristiques ou encore stations de ski ont baissé le rideau.
Dans plusieurs villes côtières, les plages ont même été fermées comme à Malaga où brillait un grand soleil.
Les régions de Catalogne (nord-est) et de Murcie (sud-est) ont déjà confiné pour leur part certaines zones pour éviter que la maladie ne se propage. Le gouvernement indépendantiste catalan a même exigé de l’Etat central le confinement de toute cette région industrielle et touristique.
A quelques semaines du début de la Semaine sainte, Séville a annoncé l’annulation de ses célèbres processions préparées pendant des mois et qui attirent chaque année des dizaines de milliers de personnes. D’autres villes ont fait de même à travers l’Espagne.
La crise sanitaire touchait également le football, le championnat ayant été suspendu pour au moins deux semaines, et le monde de la politique, deux ministres et plusieurs députés ayant été infectés.
L’ancien chef de la diplomatie européenne et secrétaire général de l’Otan, Javier Solana, 77 an, a lui aussi été contaminé et hospitalisé à Madrid, a-t-on appris auprès de son entourage qui a assuré que “son évolution était favorable”.