Mobilisation des lycéens en France12 interpellations à Metz, l'entrée d'un lycée incendié à Nancy

AFP
RTL Infos
Douze lycéens interpellés et un policier blessé à Metz, l'entrée du lycée Henri Loritz incendié à Nancy, des policiers qui répliquent au canon à eau sur la place de la Bastille, un lycée en partie saccagé près de Bordeaux... Le point sur cette quatrième journée de mobilisation lycéenne en France, jeudi.
© KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Au cours de la matinée des regroupements d’élèves ont encore été constatés à Metz, au Ban-Saint-Martin, à Thionville, Rombas, Saint-Avold, Freyming-Merlebach et Sarreguemines, indique la Préfecture de Moselle qui fait état de "12 interpellations consécutives à des jets de projectile et de mortier, participation à des faits de violence, dégradation de biens publics, détention de bidon d’essence et d’armes par destination, tentative d’incendie" et d'un "policier blessé".

Forte mobilisation des lycéens à Nancy.
Forte mobilisation des lycéens à Nancy.
© MUHAMMED SAID TAKO/Anadolu via AFP

Le SDIS de la Moselle est intervenu pour un début d’incendie ainsi que pour un feu de détritus et d’un vélo en libre service GraouLib’.

Dans l’après-midi, à Metz, la manifestation déclarée à l’appel des syndicats UNEF 57 et CGT 57 et au départ de la gare a rassemblé "environ 400 personnes" selon la préfecture, précisant que le défilé "s’est déroulé sans qu’aucun débordement ne soit constaté".

Des étudiants brandissant des pancartes descendent dans la rue pour protester contre les conditions de l'éducation à Nancy.
Des étudiants brandissant des pancartes descendent dans la rue pour protester contre les conditions de l'éducation à Nancy.
© MUHAMMED SAID TAKO/Anadolu via AFP

La mobilisation lycéenne s'est renforcée jeudi à Nancy où lycéens et étudiants ont à nouveau battu le pavé à l'appel des organisations syndicales. Comme a Metz, plusieurs établissements ont à nouveau été bloqués à Nancy et en Meurthe-et-Moselle.

Parallèlement à la mobilisation qui a fortement perturbé les transports publics, l'entrée principale du Lycée Henri Loritz a été incendiée. "S'attaquer ainsi à un bâtiment public, lieu de partage des savoirs, est incompréhensible et révoltant. Je remercie les sapeurs-pompiers qui ont maîtrisé l'incendie avant qu'il ne se propage", a écrit le maire de Nancy sur Facebook. Il estime que "les réponses concrètes du gouvernement se font attendre et les violences, que je condamne avec la plus grande fermeté, se poursuivent et s'amplifient de manière inquiétante".

Des pompiers éteignent une voiture incendiée lors de la manifestation étudiante à Nancy, le 8 octobre 2026.
Des pompiers éteignent une voiture incendiée lors de la manifestation étudiante à Nancy, le 8 octobre 2026.
© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN/AFP

Le préfet de la Moselle, Pascal Bolot rappelle que les violences à l'encontre des forces de l'ordre "sont intolérables" et assure que des mesures de police administrative "seront reconduites" pour la journée de ce vendredi 9 octobre.

Tirs de mortiers à la Bastille

Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans le cadre du mouvement lycéen place de la Bastille à Paris. Vers 16h20, "quelques jets de pavés et tirs de mortiers d'artifice" ont visé les forces de l'ordre positionnées rue de la Bastille, a indiqué la préfecture de police, sans faire de blessé.

© KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Une demi-heure après, au même endroit, un groupe d'une vingtaine de "black bloc" a jeté du mobilier urbain sur les forces de l'ordre, selon la même source. Les forces de l'ordre ont répliqué en faisant usage d'un canon à eau et de gaz lacrymogènes.

"Il est fait usage d'un engin lanceur d'eau pour maintenir à distance les individus violents qui visent les forces de l'ordre depuis plus d'une heure", explique la PP.

En raison des premiers incidents et de la très forte affluence sur la place, "d'un commun accord avec l'organisateur, les effectifs accompagnent le départ d'un cortège" vers la place de la Nation par différents axes, a fait savoir la PP. Sur des vidéos, on voit notamment des groupes de jeunes lancer divers objets et des branches d'arbre sur les forces de l'ordre qui répliquent avec des grenades lacrymogène.

© KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Plusieurs milliers de jeunes, pour beaucoup foulards ou masques chirurgicaux sur le nez, restaient sur place après l'utilisation du canon, scandant "Acab" ("All cops are bastards") ou "Macron démission".

Un lycée en partie saccagé près de Bordeaux

Dans plusieurs villes, des manifestations ont eu lieu, de moindre ampleur toutefois dans l'ensemble que celles de mardi où entre 266.000 et 450.000 personnes s'étaient rassemblées dans toute la France.

Un lycée proche de Bordeaux a été en partie "saccagé" jeudi par des jeunes, en marge de la mobilisation lycéenne, provoquant plusieurs centaines de milliers d'euros de dégâts selon de premiers chiffrages.

© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP

Après une assemblée générale entre élèves, professeurs et direction en début de matinée, qui s'était "très bien passée" selon le proviseur, des jeunes "cagoulés et masqués" se sont introduits dans cet établissement polyvalent de Lormont, où "ils ont saccagé" plusieurs salles de classe, cassant des vitres et du matériel informatique.

"Une dizaine" d'ordinateurs, d'une valeur d'environ 3.000 euros pièce, ont été volés, d'autres endommagés. Une pièce abritant un stock de papiers coûteux, utilisés par l'imprimerie de la section graphique du lycée, a été incendiée pour un préjudice évalué "entre 100.000 et 200.000 euros".

Sur les 1.200 élèves de l'établissement, environ 500 étaient présents au moment des faits, selon le proviseur. "J'avais un groupe d'excités à l'extérieur, cagoulés bien sûr, masqués, qui lançaient des caillasses sur les forces de l'ordre", a relaté Thierry Malewicz lors d'un point-presse sur place en fin de journée.

Acte V, mardi prochain

Deux des représentants des lycéens reçus jeudi par les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur se sont dits insatisfaits à l'issue de la réunion et ont appelé à la mobilisation mardi, tandis que Renouveau lycéen a salué des "avancées".

"On nous annonce quelques miettes et sur Parcoursup on nous dit plus de transparence. Nous, on lui a dit clairement, on ne veut pas davantage savoir comment on se met à sélectionner. On veut abroger Parcoursup", a affirmé à la presse le représentant de l'Union syndicale lycéenne (USL), Marius Mesnil.

Il appelle "tous les lycéens, les parents d'élèves, les travailleurs, à se mobiliser pour l'acte V de la mobilisation" mardi, "à bloquer leurs lycées, leurs établissements et à venir manifester". Du côté de Les Lycéens!, Louis Letoublon appelle également à poursuivre le mouvement.

"Le ministre nous a fait des annonces qui, sur un sujet seulement, la démocratie scolaire, sont satisfaisantes. Sur le reste, elles ne le sont absolument pas", a-t-il déclaré, souhaitant "intensifier le mouvement pour garder le rapport de force auprès du gouvernement".

Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary - également adhérent du parti Renaissance - a lui salué "quelques avancées" et s'est dit "satisfait". "Sur la suppression du lycée d'origine sur Parcoursup, l'expertisation est en cours", a-t-il rapporté.

Il a par ailleurs accusé d'"irresponsabilité" "certaines organisations qui étaient autour de cette table", qui "promettaient monts et merveilles aux lycéens", ce qui est "complètement démagogique".

Sorti après les représentants des lycéens, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé qu'avec son homologue Edouard Geffray, ils recevraient lundi "dans le même format" les organisations "pour continuer à travailler sur ces différentes questions". Parmi elles, "la lisibilité de Parcoursup", sa "transparence, y compris ce qui est communément appelé les algorithmes locaux".

Edouard Geffray a pour sa part redit qu'il n'y aurait pas de suppressions de postes d'enseignants au lycée dans le budget 2027.

Il a en outre annoncé qu'il y aurait "un tiers des représentants lycéens professionnels" dans "toutes les instances", académiques et nationales, "alors que jusqu'à présent, ils sont objectivement, représentés le plus souvent par leurs camarades de la voie générale et technologique."

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